Ceux qui pouvaient avoir des doutes sont désormais fixés. Ban Ki-moon est bien dans la partialité. Son projet de rapport éclaire ses dernières sorties en Algérie et à Bir Lahlou. On voit mal le Maroc l'accepter.

 

Le moins que l’on puisse dire est que le rapport concocté par le SG de l’ONU est partial, voire explosif. Et certainement inacceptable pour le Maroc.

 

Dans une déclaration à Médias 24, le politologue El Moussaoui El Ajlaoui estime que si en apparence, il peut sembler équilibré, il n’en est rien, car la chronologie des événements relatés et le choix des mots utilisés montrent un déchaînement verbal contre la position du Maroc, dans le même sens que sa visite partisane à Tindouf.

 

Ainsi, le paragraphe 13 du rapport distribué lundi soir aux membres du Conseil de sécurité est à cet égard très éloquent, car pour la première fois de l’histoire de l’ONU, il n’hésite pas à reporter par écrit les activités d’une des parties du conflit, le 14e congrès du polisario en l'occurrence.

 

Ban Ki-moon se fait son porte-parole en publiant un communiqué du polisario qui affirme que Mohamed Abdelaziz a été élu "démocratiquement" à sa tête alors que sa légitimité électorale est entachée par 40 années de pouvoir absolutiste.

 

Notre interlocuteur relève le soin édifiant mis à décrire les positions marocaines (royales ou diplomatiques) en les habillant de guillemets, alors qu’il omet d’en mettre pour les déclarations de la partie adverse.

 

"Même quand il parle des correspondances adressées par le Royaume à son bureau, il ne manque pas de citer juste après celles du polisario, pour faire contrepoids, voire barrage aux positions marocaines".

 

C'est une prise de position déguisée, qui laisse penser que les paroles du polisario sont dignes de confiance, alors que celles du Maroc sont à prendre avec des pincettes ou à la légère.

 

Toujours dans le paragraphe 13, on se rend compte que Ban Ki-moon ne cesse d’encenser la position des sécessionnistes en omettant soigneusement de citer celle des Sahraouis marocains. "Après lecture de l’ensemble du rapport, on constate que cette population n’existe tout bonnement pas," ajoute El Ajlaoui.

 

Hormis son contenu, le montage du rapport paraît déséquilibré, car il recèle de nombreuses citations du camp adverse du Maroc. On se demande pourquoi il est fait mention des félicitations du polisario à son projet de visite dans les camps de Tindouf. Sans doute, une précision indispensable pour prouver le soutien du polisario à sa personne et vice-versa.

 

L’autre omission de taille est l’absence de référence au plan d’autonomie marocain, qui a pourtant le soutien de nombreux pays (USA, France …), le décrivant comme une solution juste et équilibrée.

 

Si Ban Ki-moon fait délibérément l’impasse sur cette voie de règlement du conflit, c’est pour mieux souligner la nécessité de l’organisation d’un référendum d’autodétermination, solution tombée en désuétude depuis 2007.

 

En réalité, il n'est pas dans la recherche d'une solution mutuellement acceptable. Il a pris parti.

 

En lisant attentivement le contenu des nombreux paragraphes, il apparaît que le SG ne fait que reprendre le contenu d’une lettre de Mohamed Abdelaziz, réclamant l’application d’une ancienne résolution dépassée de l’ONU, qui réclamait l’organisation de ce référendum.

 

Ce rapport miné montre que Ban Ki-moon n’a pas tenu compte de la crise qu’il a provoquée, car ce rapport n’est en définitive que la suite logique de sa visite controversée à Tindouf, Bir Lahlou et Alger.

 

Rappelons que les rapports précédents sur le Sahara étaient moins orientés, car leurs recommandations se contentaient de chercher une solution mutuellement acceptable par les deux parties et non d’avantager une proposition de règlement d’un camp contre l’autre.

 

Il faudra attendre pour savoir si les membres du Conseil de sécurité et particulièrement les 5 membres permanents vont accepter cette version ou s’ils vont comme dans le passé la modifier.

 

Au vu de ce rapport agressif, la vraie question porte sur le contenu de la future résolution du Conseil de sécurité, qui devra soit refléter la position du SG, soit ressembler aux résolutions mesurées votées depuis 2007.

 

D’ici là, il semble évident que le Maroc ne tardera pas à exprimer une réaction de rejet contre cette position hostile du secrétaire général de l’ONU. Des manifestations au Maroc et devant le siège de la Minurso à Laâyoune ne sont pas à exclure, car le grand absent du rapport est la population sahraouie marocaine. 

20/04/2016