Le secrétaire général des Nations Unies réplique aux discours du roi Mohammed VI de Ryad. Par l’intermédiaire de son porte-parole, le Sud-coréen a défendu la « neutralité » de ses collaborateurs. La tension entre le Maroc et Ban Ki-moon est encore loin de retomber.

Ban Ki-moon n’a pas tardé à répondre au discours du roi Mohammed VI prononcé à l’occasion du premier sommet Maroc-Etats du Golfe, tenu mercredi à Ryad. Stephan Dujarric a défendu, lors d’un point de presse tenu jeudi à New York, l’ « objectivité » et la « neutralité » des proches collaborateurs du Sud-coréen.

« Leur unique allégeance est à la charte des Nations Unies. Ils sont au service du secrétaire général. Et c’est dans ce cadre-là qu’ils prodiguent leurs conseils » à Ban Ki-moon, a précisé le porte-parole en réponse à une question d’un journaliste.

Mercredi dans la capitale saoudienne, le souverain s’était demandé ce « que peut faire le Secrétaire général alors qu’il est l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent ? ». Stephan Dujarric a donc tenu a rejeté catégoriquement ces affirmations.

Pas de négociations en cours avec le royaume

Le porte-parole a révélé que le Maroc et l’ONU avaient négocié durant les dernières semaines une issue à la crise mais qu’actuellement c’est le Conseil de sécurité qui a la main. Des propos qui vont dans le sens des déclarations du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Margallo, à la presse de son pays sur une possible « prorogation technique » du mandat de la Minurso pour deux mois supplémentaires au lieu d’une année comme cela s’est toujours fait.

Cette solution offerte aux membres Conseil de sécurité pourrait permettre aux Nations Unies et au royaume de trouver, durant les 60 jours, un compromis sur le possible retour, total ou partiel, des agents de la composante politique et civile de la Minurso, expulsés en mars par le Maroc.

Stephan Dujarric n’a pas souhaité aborder ce sensible sujet. Aux nombreuses questions des journalistes portant sur le même thème, il s’est contenté de répéter la même phrase : « Le futur de la mission au Sahara occidental est entre les mains du Conseil de sécurité », ajoutant que le secrétariat général a remis son rapport le 18 avril et qu’il attend de voir les débats des Quinze et les mesures qu’ils vont prendre en conséquence.

Selon le programme établi par la présidence chinoise, le Conseil de sécurité examinera le prolongement du mandat de la Minurso les 26 et 27 avril. Le 28, l’instance onusienne devra adopter une résolution.

 

22/04/2016