Bouteflika réitère sa confiance en la direction du Polisario

Même si son état de santé l’empêche de gouverner comme il l'entendait, le président algérien a pu trouver du temps pour adresser, le vendredi 16 mai, un message de félicitations au chef du Polisario. Il s’agit d’une réponse à la missive qu’a envoyée Mohamed Abdelaziz, juste quelques minutes après la proclamation officielle de la victoire de Bouteflika aux élections présidentielles, du jeudi 17 avril.

Ferme soutien de l’Algérie à la direction du Polisario

Dans sa lettre, Abdelaziz Bouteflika a réitéré le soutien de son pays « au peuple sahraoui frère jusqu’à ce qu’il réalise son droit à l’autodétermination ». Les propos du locataire du palais Al Mouradia devraient apporter du baume au cœur à la direction du Front. Une direction vieillissante qui vit ses pires moments depuis qu’elle est arrivée aux commandes, voilà 38 ans.

En effet, les hommes de Mohamed Abdelaziz sont actuellement, malmenés par le projet des membres du Mouvement jeunes pour le changement visant à créer une aile militaire discidente. Le Front a dû également faire face à l’attaque d’un bâtiment public sis dans le « camp de Laâyoune » par une tribu sahraouie, sans que les éléments de la milice n’aient pû intervenir pour défendre le siège de l’administration saccagé par la colère de Sahraouis contre l’arrestation d’un des leurs par le responsable du camp. Dans les deux cas, la direction du Front a brillé par son silence.

Abdelaziz Bouteflika, Mohamed Abdelaziz, même combat

Le timing de la lettre de Bouteflika n’est pas fortuit. Mieux encore elle est porteuse de messages. D'une part, le président algérien commémore, ainsi, avec un léger retard de six jours, le 41ème anniversaire de la création du Polisario survenue le 10 mai 1973 et d'autre part affiche une marque de confiance en Mohamed Abdelaziz et ses amis à la tête du Polisario.

Une police d’assurance qui devrait apaiser leurs craintes, notamment à la suite de la diffusion d’informations faisant état de la volonté des autorités algériennes d’opérer un changement dans la direction du Front. En effet, le vote des membres du Conseil de sécurité de la résolution 2152 sur la question du Sahara occidental, sans l'élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Hommes dans la province, a marqué le deuxième échec en deux années successives.