Bruxelles - Le directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques en France, Charles Saint-Prot, a assuré que le Polisario constitue un facteur essentiel de déstabilisation régionale et une source de grande inquiétude.

'Le Polisario, qui est un mouvement crée de toutes pièces par l'Algérie, constitue un facteur essentiel de déstabilisation régionale et une source de grande inquiétude'', a dit M. Saint-Prot, qui s'exprimait lors du débat qui a suivi la projection du film documentaire 'l'identité d'un front'. 

 

Il ne se passe un jour sans que ce groupe activiste ne s'enlise encore plus dans sa dérive mafieuse, a relevé le chercheur français, notant que la situation désastreuse dans les camps de Tindouf en dit long sur la réalité de ce mouvement. 

 

Mais derrière le Polisario, note le directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques, c'est l'Algérie qui tire les ficelles et tente d'éterniser ce conflit artificiel, reliquat de la guerre froide, ajoutant qu'''alors que tout le monde change, ce n'est que le régime algérien qui s'entête à entretenir les mêmes positions obsolètes, hégémoniques et expansionnistes. 

 

'Le régime algérien applique les mêmes schémas des années 1960 et 70 et dilapide l'argent de la rente pétrolière pour le soutien de son pantin le Polisario'', a-t-il encore souligné. 

 

De son coté, Mustapha Bouh, ambassadeur de SM le Roi à Abuja et ancien dirigeant du Polisario, a souligné que ce mouvement s'est transformé en une vraie mafia qui pratique un trafic de tous genres, ne se souciant guère du sort de la population sahraouie. 

 

Il ne faut pas tomber dans l'amalgame, en opérant tout de suite une dissociation entre Polisario, qui est un groupe politico-militaire fruit de la guerre froide, et population sahraouie, séquestrée à Tindouf, a lancé M. Bouh. 

 

Rejoignant l'analyse de M. Saint-Prot, il a souligné que jamais le Polisario n'a été souverain dans ses décisions, dépendant de bout en bout d'un régime algérien inflexible. 

 

'Devant la nature de ce régime, constitué encore aujourd'hui des même responsables qui étaient à l'origine de ce conflit, il faut attendre peut être une nouvelle génération de dirigeants algériens capables d'adopter une approche différente et plus enclins à une solution de ce conflit artificiel'', a-t-il poursuivi. 

 

Pour sa part, le journaliste et écrivain espagnol, Chema Gil, a souligné que le Polisario constitue un véritable danger et une atteinte à la sécurité de l'ensemble de la région maghrébine. 

 

Ce mouvement est de plus en plus perçu en Espagne comme un groupe mafieux, manipulateur, impliqué jusqu'au cou dans des affaires de terrorisme et de détournement des aides internationales, a indiqué M. Gil. 

 

Terminée la période où il surfait sur des sentiments de faiblesse et de victimisation, estime l'écrivain espagnol, qui note que les manipulations de l'opinion publique espagnole qu'il a toujours exercées avec le soutien algérien ne passent plus aujourd'hui. 

 

Réalisé par Hassan El Bouharrouti, le film de 90 minutes retrace l'histoire du Polisario depuis sa création à nos jours et apporte un éclairage sur le contexte géopolitique et géostratégique de l'époque afin de mieux appréhender l'essence, l'idéologie, les soutiens et les pratiques de ce mouvement séparatiste. 

 

Le film est alimenté par des images d'archives de l'Institut national français de l'audiovisuel (INA) et par de précieux témoignages des principaux membres fondateurs du Polisario pointant du doigt l'implication avérée de l'Algérie dans le conflit du Sahara.

19/11/2013