Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, a confirmé en début de semaine, dans une interview accordée au site d'information Atlasinfos, la présence de jeunes sahraouis jihadiste, issus des camps de Tindouf, dans les rangs de l'AQMI au Mali.

Les affirmations de présence de jeunes jihadistes, issus des camps de Tindouf, au sein des organisations terroristes d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AMQI) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), se multiplient. Après avoir été démentie par le chef du mouvement du Polisario, Mohamed Abdelaziz, l'informationde l'AFP, datant du 21 octobre dernier, est aussitôt réaffirmée par le chef de la diplomatie malienne, Tiéman Coulibaly.

Dans une interview publiée par le site d’information Atlasinfos, ce dernier a déclaré que des jeunes sahraouis des camps de Tindouf figurent parmi les jihadistes au nord du Mali.

 

“Il n'étaient que 500 jihadistes au départ. Aujourd'hui, ils sont entre 5.500 et 7.000 hommes. Ces groupes jihadistes ont été rejoints par des jeunes sans perspectives, y compris par des jeunes sahraouis des camps.”

TIÉMAN COULIBALY, MINISTRE MALIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

 

Même son de cloche dans une autre étude, intitulée “Al Arabiya Institute for Studies”, sur la situation du Mali. L'académicienne tunisienne Alaya Allani, auteur de l’étude, avait déclaré, après s’être rendue au Mali, que quelque 300 éléments du Polisario combattaient dans les rangs du Mujao.

 

“Le Mujao comprend environ 1.000 combattants. Elle se compose d'éléments étrangers, dont 300 membres du Polisario et 200 militants du groupe terroriste Boko Haram en plus d'autres activistes originaires de certains pays africains et arabes de la région.”

ALAYA ALLANI, ACADÉMICIENNE TUNISIENNE

 

Le ralliement de dizaines de membres du Polisario au Mujao dans le nord du Mali “constitue, ainsi, la suite somme toute logique d'une radicalisation du Polisario et l'exacerbation des conditions de vie dans les camps de Tindouf, où les populations sont séquestrées contre leur gré par les milices des séparatistes”, avait estimé à ce propos le Centre International pour les études contre le terrorisme (ICTS), relevant du Potomac Institute à Washington.

 

 

 

06/02/2013