Colère dans les camps de Tindouf juste après la visite de Christopher Ross

Une série de sit-in de protestations sont prévus dans les camps de Tindouf. Elle a commencé hier et devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine. Les revendications des protestataires ne sont pas politiques mais plutôt sociales. Il s’agit d’un nouvel épisode du bras de fer engagé, depuis plus de deux années, entre les commerçants dépourvus de protection politique et la direction du Polisario qui les traite de contrebandiers.

Fin de calvaire d'une Sahraouie portant la nationalité espagnole dans les camps de Tindouf. Mahjouba Mohamed Hamdidaf est arrivée, hier soir à l’aéroport d’Alicante en provenance d’Alger où elle a passé une journée sous la protection de l’ambassade espagnole. Aujourd’hui, Mahjouba devrait retrouver sa famille adoptive. Deux jours auparavant, elle a « réussi » à fuir sa famille biologique qui la retenait, depuis le mois de juin, contre sa volonté.

L’Algérie et le Polisario ont autorisé l’opération d’"exfiltration"

La direction du Polisario se débarrasse, ainsi, d’un lourd fardeau qui a écorné son image en Espagne. En effet, la région autonome de Valence, où réside Mahjouba, a menacé de suspendre ses aides aux amis de Mohamed Abdelaziz au cas où le Front continuait à fermer les yeux sur la séquestration de Mahjouba.

L’opération d’"exfiltration" -la troisième du genre puisque les deux précédentes avaient échoué-, a nécessité la collaboration de plusieurs parties, en l’occurrence la direction du Polisario, les services espagnols de renseignement et les autorités algériennes. A Tindouf, des médias n’ont pas hésité à pointé du doigt la responsabilité d’Alger et du Polisario. En effet, les camps sont connus pour être une prison à ciel ouvert où il est difficile de se déplacer, même d’un camp à un autre, sans passer par des checkpoints mis en place par les milices de Mohamed Abdelaziz et l’armée algérienne. De son côté, la famille de Mahjouba a manifesté sa colère contre la « fuite » de leur fille.

Le Polisario a promis à Margallo de régler l’affaire

Ce dénouement n’est que la conséquence logique de l’engagement pris par la direction du Front de tourner au plus vite la page de la séquestration de Mahjouba. Le 23 octobre, le chef de la diplomatie espagnole s’est réuni à Madrid avec le représentant du Polisario en Espagne, Bouchraya Beyoun, pour aborder, exclusivement, le sort de la Sahraouie.

José Margallo a transmis à son interlocuteur, selon les termes d'un communiqué de son ministère, « tout le grand intérêt que porte le gouvernement espagnol » à cette affaire, appellant « à une solution rapide et favorable » au cas de Mahjouba. De son côté, le polisarien a indiqué que sa hiérarchie « coopère dans cette voie » et s’est dit « confiant en une solution prochaine » à ce dossier. Une semaine plus tard, Mahjouba retrouve donc sa famille adoptive.

25/02/2015