Dans un document diffusé sur son site, Security council report.org reconstitue l’historique de la crise provoquée par le SG de l’ONU, Ban Ki-moon, avec les autorités marocaines, et évoque plusieurs options pour la régler, dont la révision du mandat de la Minurso.

 

Que décidera le Conseil de sécurité, le 28 avril, lors de sa réunion annuelle au sujet du Sahara? La question est sur toutes les lèvres. Les premiers éléments de réponse viennent d’être apportés par le site Security council report. Dans un document fleuve, ce site indépendant retrace d’abord l’historique de la crise provoquée par le SG de l’ONU, Ban Ki-moon, quand il a qualifié le Sahara de «territoire occupé», lors de son voyage le 5 mars à Tindouf.

 

Remarquons en passant que, dans ce document, Security council report utilise le terme de «territoire disputé», prenant ainsi ses distances avec le SG sortant de l’ONU, accusé à juste titre de partialité pour avoir repris à son compte une allégation séparatiste qualifiant d'"occupation" la présence du Maroc au Sahara.

 

Au-delà de ce dérapage, et de la riposte qu’elle a induite de la part des autorités marocaines, dont la réduction de la composante civile de la Minurso, la fermeture du bureau de liaison de la mission à Dakhla, sans compter l’annulation de la contribution marocaine (30 millions de dirhams), Security council report évoque, dans son document, plusieurs options pour ménager une porte de sortie à la crise.

 

 

«La question la plus urgente pour le Conseil de sécurité est de déterminer la manière dont cette crise autour de la Minurso sera réglée de manière à lui permettre de continuer d’opérer», indique le document.

 

 

En effet, indique le document, plusieurs options demeurent sur la table. Sur ce point, deux options ne sont pas à écarter. Premièrement, le retour au statu quo qui régnait avant la crise provoquée par Ban ki-moon, ce qui veut dire, du côté marocain, autoriser la Minurso à poursuivre son travail normalement. A l’évidence, cette disposition indisposerait le Maroc et les pays amis qui sont nombreux au sein du Conseil de sécurité, dont la France (membre permanent du Conseil de sécurité), l’Espagne (représentant de l’Europe), le Sénégal (l’Afrique) et l’Egypte (Ligue arabe), sans compter cet autre poids lourd du CS (la fédération de Russie).

 

 

Deuxièmement, -et c’est l’option la plus plausible-, une révision du mandat de la Minurso conformément au vœu du royaume du Maroc qui considère que l’option du «référendum d’autodétermination» est obsolète et n’a plus lieu d’être.  Il en ressort que la formule «référendum d’autodétermination» pourrait être «enterrée» une bonne fois pour toutes.

 

 

Cela dit, toute possible révision du mandat de la Minurso pourrait comporter quelques risques. Une source diplomatique contactée par le360 a confié, sous le sceau de l’anonymat, que cette révision annoncée pourrait remettre sur le tapis la revendication séparatiste d’élargir le mandat de la Minurso au contrôle des droits de l’Homme. Une revendication, rappelons-le, à laquelle le Maroc s’était farouchement opposée en 2013 pour l’évidente raison qu’elle attenterait au principe de la souveraineté du royaume sur son Sahara.

12/04/2016