Trois semaines après la suspension de la signature de la convention de sécurité sociale avec les Pays-Bas, le gouvernement marocain tient toujours à l’élargissement des versements des allocations aux bénéficiaires vivant au Maroc pour inclure le Sahara occidental. C’est le message qu’a martelé, hier à la Chambre des représentants, le ministre de l’Emploi.

La nouvelle convention de sécurité sociale entre le Maroc et les Pays-Bas, qui devait être signée le 15 décembre, est toujours dans l’impasse. Le gouvernement Benkirane n’est pas disposé pour le moment à céder aux pressions de La Haye visant à exclure le Sahara occidental de l’accord. Cette position a été réitérée, hier après-midi à l'occasion de la session hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, par le ministre de l’Emploi.

Abdeslam Seddiki, membre du PPS, a affirmé que son exécutif est prêt à faire des « concessions raisonnables » à la partie néerlandaise mais il a considéré que « le Sahara est une ligne rouge à ne pas dépasser ». « Le peuple et le gouvernement refusent catégoriquement toute concession sur le Sahara », a-t-il martelé.

Le ministre a défendu sa gestion du dossier

Devant les représentants, le ministre s’est violemment pris aux associations de MRE des Pays-Bas qui ont critiqué la gestion par son département de ce dossier. Leurs griefs portaient essentiellement sur les raisons qui ont incité le gouvernement à exiger, à la dernière minute, un élargissement des versements des allocations familiales aux bénéficiaires vivant au Maroc pour inclure le Sahara occidental.

« Nous avons mené les négociations avec une grande sagesse et raison en prenant en compte les intérêts supérieurs de la nation », a souligné Seddiki. « Tout ce qui a été écrit sur ce sujet est complétement dénué de sens », ajoutant qu’il « salue les positions des associations crédibles » aux Pays-Bas. C’est sa manière de répondre aux critiques des MRE vivant dans ce pays.

La députée du PJD, Nouzha El Ouafi -l’auteur du « Droit d’informer » sur ce dossier-, a rappelé au ministre de l’Emploi que le « Sahara est une ligne rouge ». Néanmoins, elle a tenu à mettre en garde contre toute « atteinte aux intérêts des ayants-droits », rappelant qu’ils sont « 9 000 enfants et 1 000 veuves ».

11/01/2016