Rabat - La Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik (COFAV) a souligné vendredi à Rabat la nécessité de rendre justice aux victimes de ces événements en châtiant les auteurs des actes criminels.

Les membres de la COFAV ont ainsi réclamé, lors d'une conférence de presse tenue au siège de l'Organisation marocaine des droits humains, que "justice soit faite aux victimes conformément aux lois et aux conditions du procès équitable". 

"La condamnation des auteurs des actes criminels constitue l'ultime moyen susceptible d'atténuer la souffrance" des familles et amis des victimes de ces événements suite au retard qui a marqué l'instruction et la procédure judiciaire dans cette affaire, ont-ils souligné lors cette conférence de presse qui s'est déroulée en présence de plusieurs militants des droits de l'Homme et journalistes marocains et étrangers. 

La Coordination a également appelé les ONG internationales, les associations oeuvrant dans le domaine des droits de l'Homme et les instances onusiennes concernées "à agir pour assurer un procès équitable dans l'objectif de rendre justice à nos proches assassinés lors du démantèlement pacifique du camp Gdim Izik". 

La COFAV a aussi regretté "le retard qui a marqué l'instruction et la procédure judiciaire dans cette affaire, lequel retard a jeté un voile sur la barbarie qui a marqué les faits et les atrocités qui ont accompagné le martyr de nos enfants qui assuraient seulement leur devoir, l'assassinat, la mutilation des corps, et ceci a été filmé et diffusé par les médias, ce qui a ajouté à la tragédie de la perte de nos enfants une souffrance supplémentaire sur les conditions dans lesquelles ces décès ont eu lieu". 

Dans ce cadre, Ahmed Atartor, membre de la coordination, a exprimé ses remerciements à l'OMDH qui a abrité cette conférence de presse dans le but de sensibiliser "aux souffrances des familles des victimes lâchement et sauvagement assassinées, et dont les corps ont été mutilés". 

Et d'ajouter que "la présence de la coordination près du tribunal militaire à Rabat n'avait pas pour objectif de faire une quelconque pression mais plutô t de réclamer un procès équitable pour mettre un terme à nos souffrances". 

De son cô té, Bouich Massoud, membre du bureau national de l'OMDH, a appelé les membres de la COFAV à conjuguer leurs efforts pour défendre les "martyrs du devoir national", soulignant que l'organisation a mandaté trois avocats pour observer le déroulement du procès. 

Vingt-quatre personnes sont poursuivies dans le cadre de ce procès. Elles ont été arrêtées suite à leur implication dans ces événements qui remontent aux mois d'octobre-novembre 2010. 

Elles doivent répondre d'actes liés à la constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres. 

Le procès de ce groupe, ouvert vendredi matin devant le tribunal militaire à Rabat, a été reporté au 08 février courant. 

Un collectif d'associations avait annoncé, jeudi, avoir constitué un groupe de travail pour l'observation des différentes étapes du procès de l'affaire de Gdim Izik. 

Outre les victimes au sein des forces de l'ordre, les événements de Gdim Izik avaient causé d'importants dégâts matériels aux édifices publics et aux propriétés et biens privés. 

Le parlement avait constitué une commission d'enquête alors que plusieurs ONG marocaines et internationales des droits de l'Homme s'étaient rendues sur les lieux pour mener leurs investigations.

02/02/2013