Une délégation marocaine composée de parlementaires s'est déplacée en Colombie en début de semaine. L'objectif de cette visite est de créer des ponts entre les institutions des deux pays et de réaffirmer la souveraineté marocaine sur les provinces du Sud. Nabila Benomar nous en livre le compte rendu.

 

C'est une réaction au quart de tour, que celle du président de la deuxième Chambre, qui a convoqué, la semaine dernière, quatre députées, au moment où elles étaient en pleine séance de questions orales.

"Une convocation qui n'entre pas dans la procédure habituelle", commente Nabila Benomar. Et pour cause, il y a urgence. Une délégation du polisario s'est rendue, quelques jours plus tôt, au sénat colombien, pour animer une activité.

 

Une réaction diplomatique rapide et ciblée

 

La mission qui est confiée aux députées marocaines est délicate. Il s'agit de rencontrer les membres de l'Exécutif et les sénateurs colombiens, pour à la fois nouer des relations entre les institutions des deux pays et défendre la légitimité de la cause nationale.

 

Le temps imparti pour préparer le voyage est restreint, les objectifs assignés sont précis et la coordination de l'ambassadeur du Maroc à Bogota est cruciale. Rien ne doit être laissé au hasard.

 

Le casting des parlementaires retenues n'est pas anodin. Les députées choisies représentent à la fois des partis de l'opposition et de la majorité gouvernementale.

 

 Aux côtés de Nabila Benomar (PAM), figurent Hasna Abouzaid (USFP), Amina Maelainine (PJD) et Kenza El Ghali (Istiqlal).

 

La délégation est composée de femmes originaires des provinces du Sud ou maîtrisant la langue et la culture hispaniques. "Il faut savoir que les pays latino-américains sont très sensibles à la question de la langue. Le fait de maîtriser la langue espagnole permet d'instaurer rapidement un climat de confiance," confie à Médias 24 Nabila Benomar, qui est, par ailleurs, membre de l’amicale Maroc-Pérou.

 

Le gouvernement colombien réitère son soutien au Maroc

 

Arrivées à Bogota, les parlementaires marocaines ont été reçues par le vice-ministre des Affaires étrangères colombien. Durant cette première entrevue, "le représentant du ministère a expliqué que le gouvernement n'est en aucun cas responsable des activités organisées par le Parlement colombien, tout en réaffirmant la position de la diplomatie colombienne, qui soutient la proposition marocaine d’autonomie", a déclaré Nabila Benomar.

Durant les quatre jours qu'a duré le voyage, la délégation marocaine s'est entretenue avec le président de la Commission des affaires étrangères du Parlement colombien et a rencontré les présidents des deux Chambres parlementaires.

De plus, les députées ont assisté à des séances de travail des femmes parlementaires des deux Chambres colombiennes, lors d'une conférence organisée par la fondation CIDCA -Centro de investigacion docencia y consultoria administrativa (Centre de recherche, d'enseignement et de conseil administratif), regroupant des ministres, des enseignants et des chercheurs.

 

Les quatre députées ont, tour à tour, exposé différents axes de la politique marocaine. "Kenza El Ghali a développé son exposé sur la marocanité du Sahara, Amina Maelainine a présenté les grandes orientations du Maroc en matière d'enseignement, Hasna Abouzaid a énoncé succinctement les travaux de l'instance équité et réconciliation et de mon côté, j'ai fait un discours sur la participation de la femme marocaine en politique", rapporte notre source.

 

Pour un renforcement des liens diplomatiques entre les deux pays

 

"Nous avons fait en sorte de nous entretenir avec les différentes sensibilités du champ politique colombien. Et nous avons même reçu une invitation pour organiser une conférence dans la même salle que celle où ont été reçus les représentants du Polisario. D'ailleurs, dès lundi, nous allons nous pencher sur les démarches à effectuer dans ce sens", ajoute la députée. De même, la délégation marocaine a invité les parlementaires colombiens à se rendre au Maroc et à renforcer, ensemble, les relations diplomatiques entre les institutions des deux pays.

24/04/2016