Un climat pré-insurrectionnel s’installe dans les camps de Tindouf, où sont basés les séparatistes du Polisario dans le sud-ouest de l’Algérie, rapporte lundi « Le Courrier Stratégique », un magazine basé à Paris, spécialisé dans les questions stratégiques.

D’après la publication, les dirigeants du Polisario auraient réprimé en ce milieu du mois de janvier une révolte naissante dans les camps de Tindouf, à quelques jours de l’arrivée dans la région de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross.

Le magazine, qui cite des sources sécuritaires algériennes, indique que près de 400 habitants membres de la tribu des Rguibates à laquelle appartient l’inamovible secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz- ont organisé les 23 et 24 janvier une manifestation qui a débouché sur la prise de contrôle du siège de la sécurité du camp de « Smara ».

Les manifestants réclamaient que la lumière soit faite sur les mauvais traitements infligés, quelques jours auparavant, à des civils par des militaires du Polisario, ajoute la source, soulignant que « cette manifestation, à laquelle ont participé des femmes et des enfants, aurait été réprimée de manière intraitable par les forces de sécurité du front Polisario, soucieuses de ne pas laisser s’installer un climat de tension supplémentaire au sein des camps ».

Toujours selon « Le Courrier Stratégique », l’armée algérienne, active dans les camps, « serait ensuite intervenue pour tenter d’effectuer une médiation et de calmer les esprits ».

En dépit de cette intervention, « plusieurs manifestants se seraient mis immédiatement en grève de la faim et ont installé depuis un campement devant le siège du Haut-commissariat aux Réfugiés (HCR) », poursuit le magazine parisien.
Pour le Polisario comme pour Alger, ce climat pré-insurrectionnel dans les camps de Tindouf ne pouvait pas intervenir à un plus mauvais moment, en particulier pour l’Algérie qui se prépare pour les élections présidentielles, indique la revue.

Alger et le Polisario, un mouvement soutenu politiquement, financièrement et militairement par l’Algérie, craignent en cas d’une déstabilisation durable des camps de Tindouf, un renforcement de l’avantage dont jouit déjà le Maroc, à travers le plan d’autonomie, mis sur la table depuis 2007, ajoute la publication.

« Le Courrier Stratégique » note, par ailleurs, qu’Alger et le Polisario craignent un autre « scénario cauchemar », à savoir « une nouvelle radicalisation d’éléments du Polisario vivant dans les camps ».

La source rappelle, dans ce contexte, des informations rapportées récemment par l’agence de presse AFP faisant état de « connexions » entre le Polisario et Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI).

Des observateurs, cités par la revue, ont souligné que l’instabilité dans les camps de Tindouf pourrait pousser les populations de ces zones à regagner en masse le Maroc.

Le conflit du Sahara dit « occidental », rappelle-t-on, est un conflit imposé au Maroc par l’Algérie qui finance et qui héberge sur son territoire à Tindouf le mouvement séparatiste du Polisario.

Le Polisario, soutenu par le pouvoir algérien, revendique la création d’un Etat factice au Maghreb. Cette situation bloque tous les efforts de la Communauté internationale pour une intégration économique et sécuritaire régionale.

27/01/2014