Crise franco-marocaine : Pour le Polisario Rabat fait chanter Paris

La crise diplomatique actuelle entre la France et le Maroc n’intéresse pas que les premiers concernés. Le Polisario a profité d’une conférence à Alger sur la politique française dans la région pour commenter la mauvaise passe que traversent les relations franco-marocaines. Les séparatistes n’ont pas manqué l’occasion pour critiquer l’offensive diplomatique de Rabat au Mali.

Après des jours de silence, le Polisario s’est décidé de réagir à la crise qui secoue actuellement les relations entre le Maroc et la France. Son représentant à Alger, Brahim Ghali, un homme de confiance d’Abdelaziz, estime que le royaume « fait chanter Paris » pour que la France «  continue de le soutenir à l’ONU ».

Selon ce cadre du Polisario, « le Maroc veut anticiper le débat sur le Sahara occidental au niveau du Conseil de sécurité, car il a peur du petit geste dans la position française », rapporte un média du voisin de l’Est.

« La France ne soutiendra pas le Maroc  »

Le Polisarien a rappelé, lors d’une conférence tenue à Alger consacrée à la politique française dans la région, la déclaration finale sanctionnant la visite, en décembre dernier, du Premier ministre Jean-Marc Ayrault en Algérie. Dans celle-ci les deux parties s’étaient prononcées pour « une solution politique mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Une position qui avait fortement été saluée, en son temps, par le même Brahim Ghali.

Ghali, qui était en poste à Madrid avant son atterrissage d’urgence à Alger pour une affaire d’esclavagisme, s’est d’ailleurs dit convaincu que la France ne soutiendra pas le royaume en avril prochain au Conseil de sécurité. Sur ce point-là, il n’a peut-être pas complètement tort. En 2013, lors de la présentation du projet de résolution américaine prévoyant un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental, c’est la Russie et l’Espagne qui ont le plus défendu le statut quo alors que Paris avait joué le rôle du spectateur passif.

« Le Maroc n’a pas les moyens de jouer un rôle au Mali »

En bon membre de la direction du Polisario, Brahim Ghali a fortement encensé la politique algérienne au Mali en ne manquant pas d’égratigner le Maroc. Le représentant séparatiste a qualifié l’offensive diplomatique au Sahel de « provocations » visant à exclure l’Algérie du dossier malien et l’effacement de son influence dans la région.

Il a ensuite rajouté une couche en avançant que le royaume « ne détient pas en réalité les moyens matériels, économiques, politiques et géographiques qui lui permettent d'assumer ce rôle, c’est pour cela qu’il tend à entraver les efforts algériens visant à préserver l'unité du Mali et à régler les problèmes des Maliens ». Pour Ghali, le retour en force du Maroc en Afrique n’a qu’un seul objectif « perturber » l’Algérie. Un porte-parole des autorités algériennes n’aurait sans doute pas fait mieux.

05/03/2014