La crise entre le Maroc et l’Union européenne est appelée à durer dans le temps. Et ce n’est pas avec la nouvelle proposition des services de Mogherini que la tension baissera d'un cran.

 

Le verdit de la Cour de justice de l’Union européenne, du 21 décembre, continue de prendre en otage la politique marocaine de l’UE. En témoigne la position confuse des services que dirige l’Italienne Federica Mogherini. Mardi après-midi, la Commission de Pêche au Parlement européen a examiné l’impact de la décision de la CJUE sur l’accord agricole de 2012.

 

Face aux interrogations des eurodéputés, Vincent Piket, était mandaté par sa hiérarchie pour défendre la position du Service européen d'action extérieure, rapporte l’agence Europa Press.

 

«Nous devons établir une base juridique en vue d’avoir une couverture géographique de l’accord incluant le Sahara occidental sans porter préjudice ni processus de paix aux Nations Unies ni à la détermination du statut final du Sahara occidental», a expliqué le diplomate, ex-représentant de Bruxelles à Hong-Kong.

 

Donner du grain à moudre au Polisario

 

A priori ces propos vont dans le sens des revendications marocaines, sauf que la suite de son intervention fait déchanter. «Nous devons respecter et accomplir le verdict» de la CJUE. Vincent Piket poursuit ses explications en lançant un pavé dans la mare. En vue d’inclure le Sahara dans «la couverture géographique» de l'accord de 2012, «il est surtout nécessaire d’obtenir le consentement des personnes du Sahara occidental».

 

Et de reconnaitre que «le thème du consentement est très délicat et très complexe pour la partie marocaine». Par le passé, le royaume avait rejeté de présenter des rapports affirmant que l’accord de pêche bénéficie réellement à la population du Sahara.

 

Piket a réitéré que l’UE est «décidée à trouver une solution qui, non seulement, soit conforme juridiquement au verdict (de la CJUE) mais soit politiquement légitimée par toutes les parties», a conclu Piket lors de son audition par les membres de la Commission de pêche au PE.

 

Des déclarations qui donnent davantage du grain à moudre à la machine politique et médiatique du Polisario. Quelques heures avant la réunion de ladite Commission, le représentant du Polisario à Bruxelles a envoyé une lettre aux eurodéputés dans laquelle il propose à l’Union européenne de discuter avec son mouvement la signature d’un accord de pêche au Sahara.

 

La nouvelle proposition sera, sans aucun doute, au menu de la réunion de mercredi 1er mars à Rabat, entre représentants de l'UE et leurs homologues marocains.

28/02/2017