La conférence régionale sur la sécurité des frontières n’a pas beaucoup fait le bonheur de la presse algérienne. Malgré la participation de douze pays du Sahel et du Maghreb, des USA, de la France, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, de Malte et de plusieurs organisations régionales et international, l’adoption d’une déclaration, la Déclaration de Rabat, L’Expression, proche des militaires, ne veut y voir qu’un « fiasco ».

Le quotidien Liberté moins virulent veut faire croire que la Maroc a été exclu du Mali par Paris. Il titre son article « Mohammed VI veut jouer un rôle dans la région ». Comme s’il ne le jouait pas déjà.

 

Liberté a pour devise « le droit de savoir, le devoir d’informer ». Magnanimes, nous lui accordons le droit d’être mécontent, mais pas le devoir de dire n’importe quoi. Voici un spécimen de ses élucubrations.  

 

Le roi Mohammed VI « a jeté son dévolu sur la Libye après avoir été remercié pour ses offres de service au Mali où la France tient encore à veiller au grain », écrit samedi le quotidien algérien +Liberté+ dans un commentaire sur la conférence de Rabat sur la sécurité au Sahel.

 

« Après ses incursions au Mali où il a offert les services de son armée au nouveau président malien, à l’occasion de la cérémonie d’investiture de ce dernier, voici que le monarque marocain est à la recherche d’un rôle à jouer dans le Sahara frontalier de la patrie des Sahraouis que le Maroc occupe depuis novembre 1975, grâce à la complicité de l’Espagne », souligne le journal, notant que « pour commencer, Mohammed VI offre son expertise au niveau sécuritaire au gouvernement instable de Tripoli ».

 

Sous le titre « Mohammed VI veut jouer un rôle dans la région », la publication indique que « Rabat a offert aux autorités libyennes la mise à leur disposition de ses centres de formation sécuritaires, de policiers, de militaires et de barbouzes », ajoutant que « le package marocain concerne également l’éducation, la magistrature et la justice transitoire », en plus de l’expertise en matière de réconciliation nationale (IER).

 

Par ailleurs, le journal relève que malgré les tensions de ces dernières semaines entre Alger et le Maroc autour du Sahara Occidental, l’Algérie n’a pas pratiqué « la politique de la chaise vide » à la conférence de Rabat car il est « difficile de parler de la sécurité au Sahel sans la présence effective de l’Algérie », d’après les conférenciers.

 

Ces derniers « se sont également interrogés sur la conférence similaire que va organiser en décembre la France, et à laquelle notre pays est chaleureusement sollicité par François Hollande pour être aux premières loges », fait remarquer l’auteur de l’article. [On se console comme on peut. NDLR]

 

Des concertations entre Alger et Paris sur cette conférence se sont accélérées ces derniers jours, alors que « Mohammed VI, exclu du Mali par François Hollande, [On se console comme on peut bis. NDLR], espère rebondir en 2014 au sein de la CEN-SAD » en proposant de tenir son prochain sommet chez lui, croit savoir l’auteur de l’article.

16/11/2013