Dénaturer le mandat de la Minurso "déstabilisera indûment" le processus de négociation en vue du règlement de la question du Sahara, a affirmé l'eurodéputée française et vice-présidente de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), Rachida Dati. 

 

Elargir le mandat de la Minurso pour englober la surveillance des droits de l'Homme "revient à mettre en doute tous les efforts considérables réalisés de sa propre initiative par le Maroc pour trouver une solution politique, juste et durable au conflit du Sahara", a souligné Mme Dati dans un communiqué. 

 

L'ex-ministre de la Justice, qui "regrette vivement" la proposition de dénaturer le mandat de la Minurso, a appelé à "ne pas déstabiliser, par ce genre d'initiative, un pays, qui représente aujourd'hui un modèle de stabilité pour l'ensemble du monde arabe". 

 

"Prenons garde également à ne pas fragiliser un allié sûr dans la lutte contre le terrorisme, à un moment où la menace terroriste se fait de plus en plus pressante dans le Sahel", a-t-elle averti. 

 

Mme Dati a en outre affirmé que l'émotion qu'a suscitée cette démarche au Maroc est non seulement compréhensible. Elle est justifiée car "elle laisse planer un soupçon inacceptable sur la capacité du Maroc à faire respecter les droits de l'Homme dans cette région", a-t-elle fait observer. Or, a-t-elle rappelé, la nouvelle Constitution voulue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et adoptée par les Marocains en 2011, a entériné des avancées considérables pour la démocratie marocaine. 

 

Le président français François Hollande a bien tenu aussi à rappeler le 4 avril courant devant le Parlement marocain, les réussites importantes du Maroc en matière de droits de l'Homme, a-ajouté Mme Dati qui a formé le vœu que la France s'engage aux Nations-Unies pour le rappeler. 

 

L'eurodéputée française a indiqué que "le Maroc n'est pas un partenaire international lambda. Il est plus qu'un allié, il est un ami pour l'Europe et les Etats-Unis". "On ne traite pas les amis ainsi", a-t-elle regretté. 

20/04/2013