«La Constitution suédoise stipule clairement que la reconnaissance d’un État relève des prérogatives exclusives du gouvernement et non pas du Parlement», a dit M. Nilsson du Parti «Moderate» (modérés), qui conduit la coalition gouvernementale. Rappelant que la Loi fondamentale de la Suède définit sans équivoque la relation entre les appareils législatif et exécutif, le député, qui s’exprimait dans un entretien à la MAP, a expliqué que le gouvernement pouvait consulter les instances du Parlement au sujet de certaines questions sans qu’il soit obligé de suivre les avis émis. La prérogative relative à la reconnaissance d’un État relève du seul ressort du gouvernement, a-t-il insisté, rappelant que l’Exécutif avait émis des réserves au sujet de cette motion présentée par des formations de l’opposition, à savoir les sociaux-démocrates (PSD) et le Parti des verts, auxquels s’est joint, dans une alliance contre nature, le Parti des démocrates suédois (SD, ancien Parti communiste).

 

Ces formations ont proposé cette motion pour des «raisons politiciennes et pour mettre la pression sur le gouvernement au sujet de certaines questions internes qui n’ont rien à voir avec l’affaire du Sahara», a-t-il dit, ajoutant que cette initiative «traduit une certaine nostalgie de ces partis de l’ère de la guerre froide». Pour le gouvernement qui a émis des réserves sur cette motion, la prétendue «rasd» n’a pas les attributs d’un État, à savoir un territoire, un peuple et une autorité effective, a rappelé M. Nilsson, soulignant que «la Suède s’attache au respect de ces critères». Le député a en outre minimisé la portée de cette motion qui, a-t-il dit, ne «signifie aucunement une reconnaissance» de la prétendue «rasd». Et de faire observer que la reconnaissance de cette entité fantoche ne sert nullement le processus de règlement en cours sous l’égide des Nations unies. Exprimant ses préoccupations quant à la situation d’instabilité qui prévaut dans la région sahélo-saharienne, le député suédois a évoqué les rapports internationaux faisant état d’infiltration du polisario par des éléments extrémistes.

 

S’agissant de l’initiative marocaine d’autonomie, qualifiée de sérieuse et crédible par les grandes puissances mondiales, le parlementaire suédois s’est félicité des efforts et de la ferme volonté du Maroc de faire avancer le processus de règlement de la question du Sahara, au moment où le polisario «semble favoriser le statu quo». M. Nilsson a, dans ce contexte, mis en avant l’importance des réformes mises en œuvre au Maroc, assurant que les progrès politiques réalisés par le Royaume, ainsi que le plan d’autonomie qu’il a proposé renforcent son statut dans la région. «Ces réalisations sont une bonne nouvelle», a-t-il dit, soulignant que le Maroc croit fermement au bien-fondé de son initiative.

Le député a par ailleurs déploré les souffrances qu’endure la population retenue contre son gré dans les camps de Tindouf, sur le territoire algérien.

 

Le parlementaire suédois a également dénoncé le blocus imposé aux populations séquestrées, regrettant ce qu’il a qualifié d’emprise de la direction du polisario sur cette population. «Il est inadmissible de traiter les habitants des camps de Tindouf comme des otages», s’est-il indigné, appelant au respect des droits de cette population, en particulier le droit à la liberté de mouvement. «Ceux qui prennent cette population comme otage doivent répondre de leurs actes», a-t-il souligné. Le parlementaire a tenu à assurer que l’initiative des partis de l’opposition de son pays «ne doit pas nuire aux bonnes relations entre le Maroc et la Suède. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de calculs politiciens internes et dans une démarche de marchandage de la part des partis de l’opposition», a-t-il martelé. «Nous sommes très attachés à la consolidation des relations avec le Maroc», a-t-il dit, appelant au renforcement du dialogue et de la concertation entre les deux Royaumes.

 

06/12/2012