Bruxelles -Des femmes sahraouies ont livré vendredi à Bruxelles, dans l'enceinte du Parlement européen, des témoignages accablants et bouleversants sur les conditions déplorables des femmes dans les camps de séquestrés à Tindouf.

Les femmes dans les camps de Tindouf sont privées de leurs droits les plus fondamentaux, et sont souvent victimes de l'exclusion et d'agressions sexuelles. Elles sont privées de liberté de mouvement, d'expression et font l'objet de traitements inhumains et dégradants, ont affirmé deux anciennes victimes du Polisario, Maghlatta Dlimi et Khadijatou Mohamed. 

 

Les deux femmes ont décrit les souffrances qu'elles ont endurées durant leur séquestration dans les camps, livrant tour à tour leurs propres expériences dramatiques. 

 

Khadijatou Mohamed, qui vit actuellement en Espagne, a dénoncé, les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes dans les camps de Tindouf, affirmant avoir subi elle-même un viol par l'un des responsables au sein du Polisario. 

 

Maghlatta Dlimi, qui a rejoint la mère partie, a quant a elle, raconté sa déportation à Cuba, et sa séparation de sa famille. "J'ai été arrachée des mon jeune âge, des bras de mes parents pour aller rejoindre les camps d'endoctrinement à Cuba, sous prétexte de recevoir une éducation. L'objectif était de nous formater, et aussi de nous apprendre manipuler tous types d'armes", a-t-elle dit. 

 

Ces témoignages ont été livrés au cours d'une conférence organisée, à l'occasion de la journée internationale de la femme, par l'institut International pour la sécurité et le Développement (Paris). 

 

La présidente de l'institut, Naima Korchi, a dénoncé les graves atteintes des droits de l'homme et les crimes perpétrés, sous le silence accablant des autorités du pays hôte, l'Algérie, dans les camps de Tindouf, relevant que les premières victimes sont les femmes et les enfants. 

 

Les femmes sont des cibles faciles car vulnérables. Elles subissent des viols, et ne peuvent pas porter plainte. Elles sont séparées de leurs enfants, qui leur sont arrachés à l'âge de 6 ans, pour les envoyer à Cuba. Elles sont privées de leur droit au travail, à la santé, à l'éducation, a-t-elle indiqué. 

 

Les seuls camps à travers le monde dans lesquels on ignore le nombre de population est celui des camps de Tindouf, car le Polisario et l'Algérie refusent toujours de procéder au recensement et à l'enregistrement des personnes, a-t-elle dit, soulignant que le chiffre de 165.000 avancé par le Polisario est complètement faux et exagéré. 

 

"Les personnes séquestrées ne peuvent pas quitter les camps de Tindouf et sont privés de leur droit au retour. La seule façon de sortir de ces camps entièrement militarisés, c'est de s'enfuir, à leurs risques et périls. Les familles qui restent sur place en subissent les conséquences", a déploré l'oratrice. 

 

Le polisario utilise la population comme monnaie d'échange, a ajouté Mme Korchi, dénonçant le détournement de l'aide humanitaire par les dirigeants du Polisario. 

 

Cette rencontre a connu la participation de Annemie Neyts-Uyttebroeck, coordinatrice du Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ALDE) à la Commission des affaires étrangères du parlement européen, Charles Saint Prot, Directeur de l'observatoire d'études Géopolitiques et Eckart von Malsen, juriste International.

09/03/2013