Des membres des familles des deux commerçants assassinés par l'armée algérienne réclament une enquête internationale

Des membres des familles des deux innocents commerçants de la tribu Rguibate, qui ont été assassinés froidement par l'armée algérienne à la frontière mauritano-algérienne, ont réclamé l'ouverture rapide d'une enquête internationale transparente pour élucider les circonstances de ce crime, imputant à l'Algérie la responsabilité de la répression de la révolte dans les camps de Tindouf.
Dans une déclaration à Medi 1 TV, diffusée dans le bulletin d'informations de vendredi, M. Soulami Yerba, membre de la famille de l'une des deux victimes, a indiqué que cet assassinat a été exécuté de manière sauvage et préméditée par les éléments de l'armée algérienne précisant que les familles des victimes ont refusé de récupérer les dépouilles des deux jeunes en attendant l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de cet assassinat.

Il a ajouté que les familles se sont dirigées vers le siège du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés dans le camp de Rabouni, lequel organisme a clamé son impuissance face à ce drame, ajoutant que les protestataires ont été dispersés et 65 d'entre eux arrêtés par la police algérienne sous l'accusation d'être les instigateurs de la révolte.

Pour M. Yerba, les deux victimes sont considérées comme les martyrs de la révolte qui commence à ébranler les camps de Tindouf sur le territoire algérien, soulignant que cette révolte va sonner la fin de la séquestration des Sahraouis dans les camps et reflète l'échec de la direction du Polisario qui est placée depuis 38 ans sous la coupe de l'appareil sécuritaire algérien.

Il a invité la communauté internationale et les organisations de la société civile à demander des comptes aux responsables de ce crime qui s'inscrit dans le cadre d'une politique délibérée contre les jeunes qui tentent de s'affranchir du contrôle du Polisario sur tous les aspects de la vie dans les camps en s'adonnant au commerce, pour les obliger à rester à la merci de l'aide des organisations internationales dont la grande partie fait l'objet de la contrebande avec les pays africains.

De son côté, M. Mohamed Lamine Boulahya, membre de la famille de l'une des deux victimes, a considéré que le meurtre des deux jeunes qui s'adonnaient au commerce, fait partie d'une politique préméditée menée par les services de renseignements algériens et les séparatistes du polisario à l'encontre des jeunes des camps de Tindouf qui refusent de tergiverser sur leurs principes contre de l'aide, ajoutant que les forces de sécurité algériennes ont attaqué le 21 janvier un groupe de jeunes et dérobé leurs marchandises avant de les violenter, ce qui a déclenché cette révolte dans les camps de Tindouf.

Il a souligné que ces jeunes, épuisés par cette situation lamentable, ne s'estiment pas des réfugiés libres de se déplacer et de vivre en paix et dans la dignité, appelant la communauté internationale à ouvrir une enquête sur l'assassinat des deux sahraouis et pressant le Secrétaire général de l'ONU à agir pour lever le blocus économique et militaire imposé aux camps de Tindouf.

Ibrahim Saadi, un autre jeune des camps, a fait observer que la situation dans ces lieux de séquestration collective est explosive à la faveur de la révolte du 20 janvier déclenchée par les jeunes, précisant que la violence exercée par les forces de sécurité algériennes contre les manifestants a créé un sentiment d'injustice et de violation des droits de l'Homme chez les séquestrés dans les camps.

Pour sa part, Abderrajhim Chikhi, membre de la famille de l'une des deux victimes, a condamné ce crime odieux à l'encontre de membre de la tribu Rguibate, mettant l'accent sur la solidarité des familles sahraouies avec les familles éplorées des deux jeunes assassinés, et insistant sur l'ouverture d'une enquête transparente sur ce meurtre.

Commentant cet assassinat, le politologue Driss Kassouri a indiqué que la révolte des jeunes des camps de Tindouf témoigne d'un changement à l'intérieur de ces camps et exprime le refus de ces jeunes de continuer à vivre comme otages dans une grande prison et à faire l'objet d une vile exploitation de l'aide internationale.

Il a mis en relief l'existence d'un mouvement de jeunesse qui rejette cette situation honteuse et qui aspire à la liberté face à un système totalitaire qui fait fi des principes élémentaires du dialogue et de la différence.

01/02/2014