Rabat - Plusieurs ONGs marocaines active dans le domaine des droits de l'Homme ont adressé une lettre au Secrétaire général des Nations unies, dans laquelle elles attirent l'attention du responsable onusien sur plusieurs points relatifs à la situation des droits de l'Homme au Sahara.

Affirmant avoir pris note notamment du Rapport 5/2013/220 que Ban Ki-Moon avait soumis au Conseil de sécurité, le 8 Avril 2013, dans la perspective de la tenue d'une réunion du Conseil pour discuter la situation au Sahara et adopter une résolution sur la question, et prenant acte des visites effectuées dernièrement par son envoyé spécial dans la région, Christopher Ross, ces organisations soulignent que la situation des droits de l'Homme au Sahara a toujours été au centre de leur attention, en tant qu'acteurs de la société civile, à travers le travail quotidien effectué par les secteurs de nos organisations sur le terrain, de même qu'à travers le suivi de toutes les questions relatives aux droits de l'Homme dans la région qui nécessitent notre intervention en vue de protéger et de défendre les droits de l'Homme dans toutes leurs dimensions. 

 

Cette action, ont-elles ajouté, a été menée à travers notamment des visites des prisons dans la région, le suivi des procès des activistes sahraouis, des missions d'information et d'enquête sur les allégations de violation des droits humains dans la région ayant donné lieu à des rapports rendus publics et l'observation du procès des suspects accusés dans les événements de Gdeim lzik et l'élaboration d'un rapport à ce sujet (février 2013). 

 

Ces ONGs attirent également l'attention du Secrétaire général sur le fait que les visites effectuées par son envoyé personnel dans la région ont été l'occasion pour elles d'informer Ross des activités et des initiatives concrètes prises par les organisations des droits de l'Homme actives dans la région en vue de protéger et de promouvoir les droits de l'Homme, et enrichir un débat pluraliste sur le sujet. 

 

Cependant, ont-elles relevé, tous ces efforts et les résultats qu'ils ont générés ont été négligés dans les rapports qui vous ont été présentés concernant cette question. 

 

En leur qualité d'organisations de défense des droits de l'Homme, attachées à l'universalité et l'indivisibilité des droits de l'Homme, ces ONGs indiquent qu'elles traitent de diverses questions relatives aux droits de l'Homme d'une manière professionnelle et objective, indépendamment de toutes les considérations politiques liées à la région. 

 

C'est dans cette perspective que nous avons lutté contre toutes les violations, et c'est partant de ce background que nous avons élaboré nos rapports, et nous avons contribué à de nombreux programmes d'éducation aux droits de l'Homme, et de renforcement des capacités des acteurs des droits de l'Homme dans la région, ont-elles fait observer. 

 

Partant de ces considérations, font-elles remarquer, nous croyons que la priorité dans le domaine de la protection et de la promotion des droits de l'Homme dans la région devrait être accordée au renforcement de l'action des organisations non gouvernementales sérieuses et crédibles actives sur le terrain, et que toute autre orientation, y compris l'élargissement du mandat de la Minurso pour inclure la surveillance de la situation des droit de l'Homme, ne peut servir les objectifs de l'agenda des ONGs des droits de l'Homme, et pourrait même nuire à l'indépendance de l'action pour la défense des droits humains. 

 

Cette lettre a été signée par l'Organisation Marocaine des Droits Humains(OMDH), l'Association Adala, l'Instance Marocaine des Droits Humains, le Médiateur pour la Démocratie et Droits de l'homme, l'Observatoire Marocain pour la liberté publique, la Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits de l'Homme, le Centre Marocain pour les Droits de l'homme, le Centre des Droits des Gens et la Commission de la défense des Droits de l'Homme.

17/04/2013