Genève : La situation des femmes dans les camps de Tindouf a été au centre d'une rencontre-débat, organisée, lundi, à Genève, sur le statut des femmes dans les zones de conflit.

Tenue en marge des travaux de la 22ème session du Conseil des droits de l'homme à l'initiative conjointe de Comité International pour le Respect et l'Application de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CIRAC) et l'Action Internationale Pour la Paix et le Développement dans la Région des Grands Lacs, cette rencontre a réuni plusieurs panelistes qui ont mis en évidence les souffrances des femmes en temps de guerre et dans les zones de conflit, au mépris du droit humanitaire international et où le viol devient souvent un moyen de pression ou une arme de guerre. 

 

Pour Mahjouba Daoudi, militante associative à laâyoune, dans ces situations de tension, la femme est le maillon "le plus faible, d'autant plus que c'est dans cette catégorie de la population qu'on ressent le plus l'impact des violences, aussi bien psychologiques que physiques". 

 

L'avocat espagnol, Fernandez Augustin de la Cruz a abordé, pour sa part, le contexte des espaces militarisés, où les femmes sont soumises à l'emprise d'hommes sans scrupules, en citant le cas d'une jeune femme qu'il défend devant la justice espagnole et qui a été violée par un responsable du polisario dans des circonstances scabreuses. 

 

L'avocat a souligné, à cet égard, l'omerta imposée aux femmes dans ces milieux par une hiérarchie qui se complait dans l'impunité, et s'est félicité du courage de la jeune femme qu'il défend, en affirmant qu'il y a d'autres cas d'abus de ce genre. 

 

Pour sa part, l'Italienne Ana Maria Stame, présidente de l'Internationale démocratique du Centre, a évoqué son intérêt pour la situation des camps de Tindouf, en déplorant la situation des femmes qui y sont séquestrées et les privations qui font leur quotidien, notamment la liberté de circulation, la jouissance de leurs droits de maternité du fait de l'éloignement de leurs enfants envoyés à Cuba ou dans d'autres pays. 

 

Lors de ce débat, plusieurs voix se sont fait entendre pour témoigner de la triste réalité dans les camps de Tindouf, comme c'est le cas pour Saadani Maa El Ainin qui a relaté l'histoire de sa déportation par le polisario à Cuba, où elle a vécu 17 ans durant, et dont le père a été torturé à mort pour avoir refusé l'enlèvement de sa fille.

12/03/2013