La cinquantaine de demandeurs d’asile sahraouis en Espagne a encouragé certaines voix dans les camps de Tindouf à réclamer, de nouveau, le titre de réfugié.

L’affaire des demandeurs d’asile sahraouis en Espagne a remis en selle la question du statut juridique des habitants des camps de Tindouf. Légalement, ils ne sont pas reconnus par les services des Nations unies comme des réfugiés. Le Polisario et son parrain algérien s’opposent fermement à une telle reconnaissance.

 

D’ailleurs, ils ont rejeté toutes les requêtes émanant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de recenser la population des camps, et ce depuis les années 80. Depuis 2011, les résolutions du Conseil de sécurité invitent chaque année les autorités algériennes à autoriser une telle opération. Sans recensement, il est très difficile pour le HCR d’accorder le statut de réfugié.

 

La direction du mouvement séparatiste n’accepte d’intégrer ce terme dans sa rhétorique seulement lorsqu’elle réclame davantage d’assistance internationale. Sauf que depuis la visite d’Antonio Guterres dans les camps en septembre 2009, alors président du HCR, les pays donateurs envoient des aides à même de subvenir aux besoins de 90 000 personnes seulement, et non plus aux 160 000 comme par le passé.

 

Des voix s’élèvent pour réclamer le droit de bénéficier du statut de réfugié

 

Une réduction drastique qui explique les appels itératifs des cadres du Polisario et du Croissant rouge algérien à la communauté internationale à se montrer généreuse avec les «réfugiés» des camps de Tindouf. Le dernier en date, qui remonte à fin août, émanait d’Aminatou Haidar.

 

Les demandes pour accorder le statut de réfugié aux Sahraouis de Tindouf ne proviennent plus d’entités pro-Maroc. Des parties se réclamant résolument indépendantistes plaident également en faveur de ce droit. Un journaliste vient d’ailleurs de publier un long article sur le sujet. Et il n’est pas le seul ; d’autres avant lui ont emprunté le même chemin.

 

En mars 2015, de jeunes sahraouis résidant en Europe avaient fait part, dans une lettre adressée aux délégations du HCR à Paris, Madrid, New York, Stockholm, Genève et Alger, des mauvaises conditions de vie qu’endurent les Sahraouis dans le désert algérien. Ils avaient appelé le HCR à assumer pleinement ses responsabilités dans la protection de la population des camps de Tindouf, telles qu’elles sont définies par la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés.

 

«Les réfugiés sahraouis sont considérés comme une exception par le HCR, arguant que ce sont des réfugiés collectifs. Cet argument n’est ni convainquant ni logique, ce qui a permis au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de se soustraire à ses responsabilités juridiques depuis 1976», avaient dénoncé les auteurs de la lettre.

09/09/2017