Des instructions "au plus haut niveau" ont été données aux autorités algériennes afin de procéder au retrait des passeports algériens aux Sahraouis des camps dès leur retour de l'étranger, accentuant le sentiment d'humiliation et de ras-le-bol chez la population qui crie à la discrimination.

Une nouvelle mesure qui illustre jusqu'à la caricature le degré de décadence avec laquelle les autorités algériennes se comportent avec les Sahraouis retenus contre leur gré dans les camps de Lahmada-Tindouf. "Des instructions au plus haut niveau ont été données aux autorités algériennes en poste aux frontières terrestres, maritimes et aux aéroports, afin de procéder au retrait systématique des passeports algériens aux Sahraouis des camps dès leur retour de l'étranger", rapporte un site séparatiste.

Cette mesure, à laquelle Alger avait renoncé par le passé sous la pression des ONG internationales de défense des droits de l'Homme, a été appliquée à un groupe de Sahraouis hier mardi 14 février au port de Mostaganem en provenance de Valence, via une compagnie maritime espagnole, indique la même source.

"Un responsable algérien en poste au port de Mostaganem a affirmé aux malheureux voyageurs sahraouis que son service avait reçu des instructions "au plus haut niveau" pour reconduire la procédure de retrait des passeports algériens aux Sahraouis une fois arrivés sur le sol algérien", déplore la même source, s'interrogeant sur la passivité déconcertante des dirigeants du Polisario tapis dans leur QG à Rabouni face à cette mesure discriminatoire, de surcroît contraire à toutes les conventions internationales, dont la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés.

Les Sahraouis des camps voyagent en effet avec un passeport algérien. Cela pose des problèmes souvent liés au fait que l’Algérie prête des papiers pour voyager, mais se garde de prendre toutes les dispositions, y compris les plus humiliantes, pour retirer les passeports après, de peur que les Sahraouis ne se prévalent ensuite de la nationalité algérienne.

Il en ressort que les Sahraouis des camps sont traités comme une "sous-race", du moins par rapport aux citoyens algériens. Un déni d'humanité et de justice appliqué à cette catégorie de séquestrés appelés abusivement "réfugiés", et qui continuent d'être retenus contre leur gré dans des camps où les conditions de vie et de dignité les plus élémentaires font défaut.

"Ce procédé pue la discrimination raciale. Il s'inscrit en faux de l'usage universellement connu et reconnu selon lequel le passeport est un document individuel et ne peut être confisqué que sur une décision judiciaire", a asséné l'une des victimes de ce procédé, citée par le site séparatiste.

Autre indicateur sur ce mépris algérien primaire et quasi "institutionnalisé" envers les Sahraouis des camps, ces derniers sont sommés une fois de retour de remplir un formulaire dans lequel ils s'engagent à renoncer à leur passeport (et donc à la nationalité algérienne). Un procédé qui, là encore, fait fi de toutes les réglementations internationales, pour ne pas parler des droits humains qui sont foulés au quotidien par un régime despotique qui n'épargne même pas son propre peuple, a fortiori une population kidnappée et installée de force depuis les années 70 dans les camps de Tindouf, dernier vestige de l'époque stalinienne.

Où est-il donc ce fameux "droit du peuple sahraoui à l'autodétermination" dont monsieur Ramtane Lamamra, mégaphone du régime grabataire et autocratique légué par Houari Boumediene, de son vrai nom Mohamed Boukharrouba, et dont Abdelaziz Bouteflika, cloué dans son fauteuil roulant depuis son AVC diagnostiqué en 2013, se veut le prolongement? L'usage veut qu'Alger n'ait recours à ce slogan que proportionnellement au degré de préjudice qu'elle croit, du haut de sa légendaire rancune gratuite, pouvoir porter à son voisin de l'Ouest, le Maroc!

Las, les Sahraouis n'ont qu'un seul moyen pour en finir avec cette humiliation: retourner dans leur mère patrie où ils seront traités comme des citoyens à part entière, jouissant de tous leurs droits sur un pied d'égalité avec tous leurs concitoyens marocains. Le recouvrement de leur dignité passe nécessairement par là.

15/02/2017