Le rappel par le Maroc de son ambassadeur à Alger est une décision "appropriée" et "claire" face à la position hostile de l'Algérie à l'encontre du Maroc, indique jeudi à Rabat, Mustapha El Khalfi.

El Khalfi, qui s'exprimait lors d'un point de presse à l'issue du Conseil du gouvernement, a souligné qu'il n'était pas question pour le Maroc de fermer les yeux sur l'escalade sans précédent dans la position hostile d'Alger à l'encontre d'une cause nationale décisive, à savoir la question du Sahara marocain.

 Rappelant le message adressé le 28 octobre par le président algérien à une réunion à Abuja d’une nébuleuse hostile au Maroc, le porte-parole du gouvernement a fait remarquer qu'"il ne s'agit pas d'un acte émanant d'une organisation, d'un comité ou d'une instance des droits de l'Homme, mais d'un message adressé par la plus haute autorité en Algérie".

Ce message "contient des allégations portant sur plusieurs sujets concernant les droits de l'Homme que le Maroc ne pourrait pas négliger", a-t-il ajouté. M. El Khalfi a souligné que le Maroc a pris cette décision afin de défendre ses choix au sujet d'une question nationale, soulignant qu'il ne s'agit pas uniquement du mécanisme international de surveillance des droits de l'Homme, et de la demande d'étendre les compétences de la MINURSO, mais bel et bien d'une escalade contre le Maroc.

Campagne de communication

Le responsable a fait savoir que toute décision prise à ce sujet sera annoncée en temps opportun, ajoutant que le Maroc a lancé une campagne de communication visant à éclaircir sa position. Il a, dans ce cadre, annoncé la tenue d'une réunion avec les partis politiques pour expliquer la position prise par le Royaume.

M. El Khalfi a, par ailleurs, indiqué que le Maroc a réussi, sur le plan diplomatique et des droits de l'Homme, à réaliser des avancées considérables confortées par la réaction du parlement européen, notamment sa recommandation relative à la politique de voisinage, qui reflète une reconnaissance des efforts du Maroc en matière des droits de l'Homme, à travers notamment la mise en place du Conseil national des droits de l'Homme et de ses comités régionaux.

Cette recommandation, a poursuivi le ministre, traduit aussi la reconnaissance de cette instance européenne de l'ouverture du Maroc sur les mécanismes onusiens et qui lui ont valu le statut avancé auprès de l'Union européenne, et l'accueil en terre marocaine des rapporteurs onusiens.

Ce choix a permis au Maroc d'agir fermement à l'égard de toute tentative d'élargissement des compétences de la MINURSO qui "risque de porter atteinte à la souveraineté du pays", a ajouté M. El Khalfi, soulignant que "la communauté internationale est compréhensive à l'égard de cette position".S'arrêtant sur la tournée de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross, le ministre a réitéré l'engagement du Maroc à coopérer avec l'organisation onusienne pour parvenir à une solution politique négociée et consensuelle dans le cadre des règles définies par le Conseil de sécurité.

"Le Royaume considère que la coopération de bonne foi avec l'ONU et la mise en oeuvre du principe de consensus peuvent à eux seuls favoriser une solution à cette question", a-t-il dit. Le conflit du Sahara dit ''occidental'' est un conflit artificiel imposé au Maroc par l'Algérie.Le ''Polisario'', un mouvement séparatiste soutenu par le pouvoir algérien, revendique la création d'un Etat factice au Maghreb. Cette situation bloque tous les efforts de la communauté internationale pour une solution du conflit basée sur une autonomie avancée dans un cadre souverain marocain et une intégration économique et sécuritaire régionale. 

01/11/2013