El Othmani explique à New Jersey l’évolution des relations entre le Maroc et les États-Unis

Les relations entre le Royaume du Maroc et les États-Unis d’Amérique sont séculaires et ne cessent d’évoluer depuis leur établissement de manière formelle en 1787. Globales et multidimensionnelles, ces relations ont connu un tournant majeur avec le lancement en septembre 2012 de la première session du Dialogue stratégique Maroc-USA. C’est en substance ce qu’a affirmé Saâd-Eddine El Othmani, samedi dernier à New Jersey, devant plusieurs dizaines de membre de la communauté marocaine établie au pays de l’Oncle Sam. 

Depuis un an donc, des commissions représentants les deux parties travaillent ensemble sur des programmes de coopération dans les quatre volets de ce dialogue : politique, sécuritaire, économique et culturel.

 

«La première session du Dialogue stratégique entre le Maroc et les États-Unis a été sanctionné par un communiqué conjoint dans lequel les États-Unis soutiennent pour la première fois de manière officielle l’initiative marocaine consistant à accorder aux provinces du Sud une autonomie élargie sous souveraineté marocaine et qualifiant le projet marocain de sérieux, de crédible et de réaliste. Dans ce même communiqué, ils ont appelé à la poursuite des négociations pour parvenir à une solution politique, durable et mutuellement acceptable au conflit du Sahara», explique M. El Othmani.

 

Mais cela n’a pas empêché les rapports entre les deux pays de passer par des moments délicats en avril 2013, tient à rappeler le haut responsable marocain. En effet, il y a environ cinq mois, la représentante de Washington aux Nations unies avait proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité permettant d’élargir la mission de la Minurso pour englober la surveillance du respect des droits de l’Homme dans les provinces du Sud marocain.

 

Là, la réponse du Maroc a été rapide et sans la moindre équivoque : il n’est pas question de procéder à un quelconque changement dans la nature de la mission onusienne. La position ferme et unanime de tous les Marocains et la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation ont porté leurs fruits puisque le projet de résolution a été tué dans l’œuf, ajoute le chef de la diplomatie marocaine.

 

Parenthèse referméedans les relations bilatérales

Cet incident a été à l’origine d’un grand coup de froid entre le Royaume et le Pays de l’Oncle Sam. Mais, cette parenthèse a été vite refermée et les rapports entre les deux partenaires stratégiques ont repris leur cours normal, poursuit M. El Othmani. «Il est normal qu’une relation d’amitié connaisse, de temps à autre, des moments de tension, mais l’entente et la volonté d’aller de l’avant reprennent toujours le dessus», a-t-il dit, soulignant que les entretiens que les hauts responsables des deux pays ont eus à New York ces derniers jours ont permis à la partie marocaine de rappeler que la marocanité du Sahara était une ligne rouge à ne pas dépasser.

 

«Nous avons réitéré cette position lors des réunions bilatérales qu’on a eues avec les hautes responsables américaines en marge de la 68e Assemblée générale de l’ONU à New York. Nous leur avons dit que nous espérions que le climat d’amitié entre les deux pays ne serait plus assombri par des tensions de ce genre. Nous avons été très clairs : il ne peut y avoir d’amitié aux dépens des constantes et des intérêts du Royaume».

 

Mais globalement, cet incident est derrière nous, estime le ministre, et les deux parties sont déterminées à aller de l’avant et à renforcer leur coopération dans tous les domaines, notamment dans le domaine économique où beaucoup de choses restent à faire pour explorer les possibilités de coopérations qui ne sont pas encore exploitées.

 

«Nous tablons sur le Forum des hommes d’affaires des deux pays qui ont tenu leur première réunion à Washington et qui s’apprêtent à se réunir très prochainement au Maroc, pour relancer les investissements des deux côtés, promouvoir les relations économiques et les hisser au niveau des relations politiques», a conclu M. El Othmani.

 

Publié le : 30 Septembre 2013 - Abdelwahed Rmiche, Envoyé spécial à New York, LE MATIN