Le Ministre des Affaires Etrangères de la Coopération, Dr Saad Dine El Otmani, a accordé récemment, un entretien au journal électronique espagnol "El Imparcial". Dans cet entretien, le Ministre a évoqué plusieurs questions prioritaires pour la diplomatie marocaine, notamment, la question de l'intégrité territoriale du Royaume, les relations maroco-espagnoles, les relations entre le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique, la redynamisation de l’UMA et la crise malienne.

Au sujet de la question  du Sahara marocain, Dr El Otmani  a affirmé  que "la proposition marocaine d'autonomie des provinces du Sud répond aux exigences du Conseil de sécurité qui exhorte les parties à trouver une solution négociée, réaliste et mutuellement acceptable", ajoutant que le Maroc est ouvert à toute proposition s'inscrivant dans cette approche.

 

Dans le même contexte, le Ministre a fait remarquer que "le Maroc, qui demeure toujours attaché à son unité territoriale, a proposé d'octroyer l'autonomie aux provinces du Sud, une proposition qui a été hautement saluée par les Nations Unies comme solution réaliste et crédible". Il s'agit, a insisté Dr El Otmani, d'une "solution démocratique inspirée de plusieurs expériences internationales", ce qui confirme l'esprit d'engagement du Royaume pour parvenir à un accord sur la question du Sahara, a-t-il poursuivi.

 

"Le séparatisme est devenu une menace globalisée, ce qui affaiblit les Etats et bénéficie seulement aux groupuscules terroristes dont la force ne cesse de s'amplifier dans cette région", a averti le Ministre, invitant les acteurs de la société civile espagnole à visiter les provinces du Sud pour constater in situ le développement que connaît la région et la participation des habitants aux différentes échéances électorales et à la gestion des affaires locales.

 

S’agissant des relations entre le Maroc et l'Espagne, le Ministre a souligné qu’elles sont "bonnes" et fondées sur le "dialogue, le respect mutuel et les intérêts communs". Il a relevé que "les rapports économiques, politiques et culturels entre les deux pays s'améliorent de plus en plus, ce qui a permis à l'Espagne de devenir le premier fournisseur du Maroc", ajoutant que ce pays est également bien positionné pour être le premier partenaire économique du Royaume.

 

Néanmoins, a précisé le Ministre, il reste plusieurs secteurs à fort potentiel devant être exploités par les deux pays comme l'automobile, l'industrie, le tourisme outre le domaine culturel, rappelant que plus de six millions de Marocains, dont des étudiants, des parlementaires et des académiciens, parlent la langue espagnole.

 

En ce qui concerne les deux présides occupés de Sebta et Melilla, M. El Otmani a souligné que le Maroc plaide pour une "solution politique à travers le dialogue", faisant observer que cette position "reste inchangée". Dans le même sens, le Ministre a rappelé que feu SM Hassan II avait proposé la mise en place d'un comité de réflexion pour trouver une solution à cette question, ajoutant que les gouvernements des deux pays ont réalisé des "efforts considérables pour dépasser les préjugés" et trouver un "terrain d'entente sur les questions de divergence".

 

Quant aux relations du Maroc avec les Etats-Unis, le Ministre a souligné que Rabat et Washington entretiennent des "liens séculaires qui s'améliorent de plus en plus", rappelant l'accord de libre-échange signé entre les deux pays qui a donné un "nouvel élan à la coopération bilatérale".

 

Sur le plan politique, les deux pays ont lancé le Dialogue stratégique, dont la première réunion s'est tenue en septembre dernier à Washington, a rappelé Dr El Otmani, se félicitant de la "solidité" des liens de coopération entre les deux pays.

 

A propos du Maghreb, le Ministre a indiqué que les changements qu'a connus la région du Maghreb, notamment en Libye et en Tunisie, contribueront, sans nul doute, à relancer l'Union du Maghreb Arabe.

 

"Le Maroc a participé activement à la création et à la dynamisation de l'UMA, mais malheureusement pour des raisons politiques, cet ensemble régional n'a pas atteint sa vitesse de croisière", a déploré le Ministre, estimant qu'il existe actuellement "plus de possibilités pour relancer l'UMA".

 

Dr El Otmani a, à cet égard, mis en exergue les efforts déployés par le Maroc pour la relance de l'UMA, rappelant les différentes visites et réunions tenues pour activer les mécanismes de ce groupement régional et tenir le prochain sommet, prévu en Tunisie, dans les meilleures conditions.

 

Pour rendre cette organisation plus efficace, le Ministre a, en outre,  appelé à la réforme de la charte de l'UMA et ses mécanismes de fonctionnement "qui ne permettent pas de prendre des décisions importantes d'une manière fluide", appelant à la révision des attributions du Parlement maghrébin qui joue actuellement un rôle consultatif.

 

Le Ministre s'est, par ailleurs, félicité de la "dynamisation" des relations maroco-algériennes au cours de ces deux dernières années et ce, à travers l'échange de visites, faisant savoir que Rabat et Alger sont animés d'une bonne volonté pour améliorer leurs relations. Même si les rapports entre les deux pays "ne répondent pas aux attentes" des deux marocain et algérien, a dit Dr El Otmani, "nous sommes convaincus que le processus de dynamisation arrivera à bon port dans un avenir proche".

 

Répondant à une question sur la position du Maroc vis-à-vis de la crise malienne, le Ministre a indiqué que le Royaume plaide pour une solution politique dans l'objectif de revenir à la légalité constitutionnelle, mettant en exergue l'importance "primordiale" de la coordination entre les différents pays et les organisations internationales pour faire face aux risques de sécurité dans la région. "Il faut adopter une approche globale, inclusive, régionale et internationale", a-t-il relevé, estimant que "seule une coopération multiforme, profonde et de haut niveau peut prévenir ces risques de sécurité qui sont multiples et menacent la paix internationale".

13/01/2013