L’Espagne s’achemine vers un gouvernement de gauche, présidé par le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez. Mais le premier rôle devrait être joué par Podemos. Une mauvaise nouvelle pour le Maroc ?

Plus d’un mois après les législatives du 20 décembre, l’Espagne est toujours sans gouvernement. Le premier round de consultations initié par le roi Felipe VI avec les chefs des formations politiques s’est conclu sur un échec du leader du PP, Mariano Rajoy, à constituer une nouvelle majorité suite au rejet du PSOE de sa proposition de former une équipe avec la participation de Ciudadanos.

Très opportuniste, Podemos a vite saisi l’occasion pour présenter aux socialistes une offre pour revenir au pouvoir, après quatre années passées dans les rangs de l’opposition.

Le chef de Podemos exige la vice-présidence pour lui-même

Si l’addition des voix remportées par le PSOE (91) et Podemos (69) n’est pas suffisante pour former une majorité, le parti de Pedro Iglesias s’est engagé auprès de ses partenaires du PSOE à garantir la stabilité au futur exécutif de gauche et ce grâce à ses bonnes relations avec les autonomistes voire même indépendantistes du Pays basque (le parti nationaliste basque), et en Catalogne (Gauche catalane républicaine) et (Démocratie et liberté). Un appui déterminant à l’heure du vote de confiance.

L’Espagne se dirige donc vers un gouvernement de minorité dans lequel Podemos devrait jouer les premiers rôles. Son chef a déjà exigé pour lui-même le poste de n°2. D’autres membres de son parti et de son antenne catalane, Comun, sont pressentis pour diriger d’importants ministères. Sauf coup de théâtre, le PSOE s’achemine vers un changement radical de sa classe politique au grand dam des caciques du parti, à l’instar de l’ancien premier ministre Felipe Gonzales, et grand ami du royaume, qui a échoué à convaincre Pedro Sanchez de rejeter l’alliance avec Podemos.

Le Maroc s’est-il préparé à cette perspective ?

De toute évidence, la participation de Podemos au gouvernement est tout sauf une bonne nouvelle pour le Maroc. Le parti d’extrême gauche n’a jamais caché sa proximité avec le Polisario. Pablo Iglesias a enchainé, durant les deux dernières années, les réunions avec des représentants du mouvement séparatiste en Espagne. Il compte même plusieurs rencontres avec Mohamed Abdelaziz, chef du mouvement séparatiste.

En revanche, du côté marocain, aucun officiel n’a pris langue avec un membre de la direction de Podemos. Un vide que la diplomatie marocaine risque de payer dans les prochaines années alors même que tous les indicateurs prédisaient à Podemos un rôle clé sur la scène politique espagnole.

 

26/01/2016