Mohamed Chaïb Akhdim

Mohamed Chaïb Akhdim, un Espagnol d’origine marocaine, est dans la ligne de mire des groupes pro-Polisario. En cause, son entrée au sein de la Chambre des représentants en tant que député.

Mohamed Chaïb Akhdim, membre du Parti des socialistes de Catalogne (PSC), accède à la députation à la Chambre basse du Parlement espagnol. Il a officiellement pris ses fonctions mardi 20 juin.

 

Ce quinquagénaire a bénéficié du renoncement de sa camarade au parti, Mme Meritxell Batet, désignée ministre chargée de la Politique territoriale au sein du gouvernement Sanchez. Après la réussite de sa motion de censure contre l’exécutif Rajoy et par souci de transparence, le chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) s’est en effet engagé à ne nommer aucun député dans son cabinet.

 

Chaïb accusé d’être l’«homme du Makhzen» au Parlement

 

L’ascension de cet Espagnol d’origine marocaine, né à Tanger en 1962, n’est pas sans déplaire à certains groupes pro-Polisario, très actifs en Espagne. Ils dénoncent en chœur la «proximité» entre le Maroc et le président de l’Association Ibn Battouta, une ONG qui promeut l’intégration des migrants dans la société catalane.

 

Dès l’annonce de l’arrivée de Chaïb à la Chambre des représentants, la page porunsaharalibre.org a immédiatement initié une campagne contre le député, l’accusant d’être «un homme du Makhzen aux Cortes Generales (Parlement espagnol, ndlr)». Et de rappeler que Chaïb est membre du Conseil consultatif des Marocains de l’étranger, une instance en rade depuis 2012.

 

Son adhésion au CCME avait été critiquée par certains universitaires espagnols. En décembre 2009, l’un d’entre eux, Carlos Ruiz Miguel, avait publiée dans le quotidien El País une tribune portant sur la «double nationalité» de Mohamed Chaïb.

 

Mais depuis, les choses ont commencé à évoluer. Preuve en est le projet de Ciudadanos d’Albert Rivera, parti de centre-droit désormais dans les rangs de l’opposition, de présenter l’ancien Premier ministre français, Manuel Valls, aux élections à la mairie de Barcelone. Un projet qui n’a pas suscité une réelle opposition dans la classe politique, aussi bien en France qu’en Espagne. Et personne n’a demandé à Valls de renoncer à sa nationalité française.

 

A deux reprises, lors des élections de 2003 et 2005, Mohamed Chaïb Akhdim avait été député sous les couleurs du PSC au Parlement catalan. Par ses nouvelles fonctions, il doit s’attendre à des offensives régulières des groupes pro-Polisario à la fois aux Cortes Generales, dans les médias et sur les réseaux sociaux.

 

23/06/2018