Espagne-Polisario : Après Mahjouba, une nouvelle affaire de séquestration avec Darya

Longtemps oubliée à cause de la complicité des politiques de Tenerife et du silence des médias locaux, Darya Emabrek Selma, une séquestrée à Tindouf, appelle le gouvernement espagnol à la libérer.

Après Mahjouba, c'est au tour de Darya, séquestrée par sa famille biologique depuis janvier 2013. Le cas de la sahraouie Darya Embarek Selma n'a pas bénéficié de la même médiatisation que celui de Mahjouba. La grande influence des réseaux de soutien du Polisario à Tenerife, où résident les parents adoptifs de Darya, a réussi à éclipser cette affaire depuis plusieurs mois. Ainsi, aucune action ou demande des autorités locales et régionales pour sa libération n'a pu aboutir, alors que cela fait presque un an que la jeune de 25 ans est partie rendre visite à sa famille biologique dans les camps de Tindouf.

Le conseil municipal de Tenerife rompt son silence

C’est la « fuite de Mahjouba », réalisée fin octobre avec la complicité de l’Algérie et la direction du Polisario, qui a redonné un nouveau souffle à toute l’affaire, contraignant les groupes politiques locaux à rompre leur « silence ». Hier, à l’issue d’une réunion extraordinaire, le conseil municipal de Tenerife a adopté à l’unanimité une « déclaration institutionnelle » dans laquelle ils demandent enfin l’intervention des gouvernements autonome des Iles Canaries et central à Madrid, en vue de faciliter le retour de Darya à ses parents adoptifs.

Sur un ton très modéré, le conseil a sollicité, également, la « médiation » de la direction du Polisario. Une position qui tranche complétement avec celle des responsables de la région de Valence qui n’ont pas hésité à menacer les amis de Mohamed Abdelaziz de couper le robinet des aides au cas où ils ne mettraient pas un terme à la séquestration de Mahjouba.

Que fera le Polisario ?

Le délégué du Front à Tenerife a reconnu, dans des déclarations aux médias locaux, que Darya est bel et bien retenue contre sa volonté par les membres de sa famille biologique. Ils exigent, selon ses dires, « la récupération de son identité culturelle » avant de la libérer.

Bien que la réaction du conseil municipal de Tenerife soit timorée, c’est l’intervention du gouvernement Rajoy qui devrait faire pencher la balance en faveur des partisans de la jeune sahraouie, réunis au sein de la « plateforme Free Darya ». Une perspective que redoute la direction du Polisario, sachant que la population ne décolère pas contre l’implication de ses responsables dans la « fuite » de Mahjouba.

Darya est arrivée en 2001 à Tenerife. Elle a un master en administration. Dans une lettre, adressée aux dirigeants espagnols, elle demande sa libération.

01/12/2014