Rabat - La résolution du Conseil de sécurité portant prorogation du mandat de la MINURSO, sans modification de sa nature, était "une décision équitable" pour le Maroc, a indiqué lundi le secrétaire général du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), Mohammed Essabbar.

Cette résolution est "une victoire relative", du fait que le Maroc mènera d'autres combats sur les plans politique et de droits de l'Homme dans le futur", a jouté Essabbar, qui était invité à l'émission +Soual Assa3a+, diffusée par la radio Medi I. 

 

Essabbar a souligné que le retrait du projet de résolution, prévu pour élargir le mandat de la Mission afin d'inclure la surveillance des droits de l'Homme, a été réalisé grâce à "l'intervention active du Roi Mohammed VI qui a fait revenir la situation à la normale, et aux démarches diplomatiques du Royaume, que ce soit au niveau de la diplomatie officielle ou parallèle, ainsi qu'à la faveur de l'unanimité de toutes les composantes du peuple marocain, notamment les forces vives et les organisations de la société civile, qui ont adressé des messages au Secrétaire général des Nations unies faisant la lumière sur les efforts déployés dans le sens d'améliorer les conditions des droits de l'Homme au Sahara". 

 

"Il n'existe pas de situation exceptionnelle au niveau des droits de l'homme au Sahara qui exige de l'ONU d'instituer un mécanisme supplémentaire à ceux existant au Maroc pour observer les droits de l'Homme", a relevé M. Essabbar, notant que les commissions régionales des droits de l'Homme dans les provinces du sud avaient mis en Âœuvre toutes les capacités dont elles disposaient au service de la protection et la promotion de la culture des droits de l'Homme. 

 

Concernant les derniers incidents survenus dans la ville de Laâyoune, le secrétaire général du CNDH a noté que ces actes étaient une réaction des sécessionnistes à la résolution onusienne qu'ils ont manifestée à travers les protestations et les provocations à l'égard de la force publique qui, a-t-il souligné, a agi "avec sagesse" et essayé de disperser les manifestants, qui "troublaient la sécurité publique", dans les formes légales, et sans usage de violence. 

 

Essabbar a insisté dans ce sens sur la nécessité d'engager un débat national public sur les manifestations en tant que droit "soumis à des restrictions". 

 

Evoquant les volets économique et social dans les provinces du sud, M. Essabbar a relevé que d'énormes efforts en faveur du développement avaient été déployés durant trois décennies dans la région, mettant l'accent sur la nécessité d'opter pour un nouveau modèle de développement, qui soit en harmonie avec les spécificités de la région et fondé sur la gestion de ses ressources naturelles de manière à assurer le bien-être social de la population locale. 

 

En ce qui concerne le suivi de la mise en oeuvre des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation et les décisions arbitrales rendues au profit des victimes, le secrétaire général du CNDH a rappelé que 5.617 personnes issues des provinces du sud avaient bénéficié des dédommagements pécuniaires, soit plus d'un quart du nombre total des victimes bénéficiaires de la réparation du préjudice individuel, en plus de 564 de l'insertion sociale et 155 autres du règlement des situations administratives et financières. 

 

De son côté, le président du Centre marocain des études et des recherches stratégiques, Tariq Toulati, a indiqué que le projet de résolution qui visait à dénaturer le mandat de la Minurso pour englober la surveillance des droits de l'Homme était "une mauvaise appréciation des évolutions positives majeures favorisées par le Maroc depuis des années". 

 

Toulati a en outre précisé que cette résolution avait été très positive pour le Maroc, ce qui, a-t-il dit, consacre les grandes lignes des orientations du Royaume en rapport avec les transformations qui s'opèrent dans la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. 

 

Il a rappelé dans ce sens que le Maroc a été le premier a appelé depuis 2001 la communauté internationale à prêter attention aux événements dans la région, soulignant que la dernière résolution du Conseil de sécurité considère que le différend autour du Sahara est en lien avec les développements de la situation dans cette région. 

 

Ce conflit, a-t-il expliqué, a ouvert la voie au déplacement des groupes affiliés à Al-Qaïda de l'Afghanistan à la région de l'Afrique du Nord, notant que la présence du Polisario avait facilité la circulation de ces groupes. 

 

Le politologue a ajouté, dans ce contexte, que la presse internationale a récemment révélé que plusieurs éléments appartenant aux milices du Polisario ont pris part aux combats contre les forces françaises au Mali, ce qui a entrainé les Etats influents à répondre à l'appel lancé depuis 2001 par le Maroc. 

 

La nouvelle résolution onusienne contraint pour la première fois Alger à s'engager positivement dans le processus de règlement de la question du Sahara en permettant un recensement total des populations aux camps de Tindouf, a-t-il fait observer, insistant sur l'impératif pour le Maroc de mettre à profit tous les points positifs de la résolution. 

 

De son côté, la militante à Laâyoune et membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Hajjoubha Zoubeir, a estimé que cette résolution comporte plusieurs points positifs, notamment l'appel de l'Algérie à coopérer en faveur d'une solution politique, la mise en exergue, de nouveau, de l'aspect crédible et sérieux de l'initiative marocaine d'autonomie et l'exhortation des deux parties à poursuivre les efforts de promotion des droits de l'Homme, ce qui signifie selon la militante, une reconnaissance par le Conseil de sécurité des efforts du Maroc dans le renforcement des commissions régionales des droits de l'Homme à Laâyoue et à Dakhla et l'interaction avec les mécanismes onusiens en la matière. 

 

Cependant, ajoute Mme Zoubeir, la résolution comprend également des points négatifs relatifs à la suppression des paragraphes sur les mesures du renforcement de la confiance entre les parties, ce qui dénote l'existence des problèmes dans le processus de pourparlers entre les deux parties. 

 

La militante sahraouie a également rappelé les contenus du rapport du CESE, qui a souligné les grands efforts déployés par l'Etat dans le domaine du développement des provinces du sud aux niveaux des infrastructures et des services de base, faisant remarquer, toutefois, que le rapport a constaté un taux de chômage élevé dans ces provinces (15,2 pc) par rapport au moyen national (8,9 pc). 

 

S'agissant des droits économiques, elle a relevé que la plate-forme d'investissement dans la région, aussi bonne soit-elle, des difficultés aux niveaux de l'investissement privé et du système fiscal restent à surmonter. 

 

Pour ce qui est des droits culturels, Zoubeir a noté que le CNDH avait lancé plusieurs initiatives dans ce sens mais sans atteindre le niveau de la réconciliation avec l'identité culturelle, ajoutant que le CESE a appelé notamment à l'instauration de la bonne gouvernance en matière des politiques publiques, la mobilisation des ressources de soutien aux besoins réels des habitants, le rétablissement de la confiance entre le citoyen et l'administration, le renforcement du rôle de la société civile et des institutions de médiation, ainsi que la protection de l'environnement

 

07/05/2013