Le Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis, à Washington.

Aux Etats-Unis, la diplomatie algérienne mène une course contre la montre pour convaincre les représentants américains de retirer leur demande de recensement de la population des camps de Tindouf. Dans des déclarations à la presse, l’ambassadeur algérien à Washington accuse le Maroc d’être à l’origine de l’initiative.

Il y a un mois, nous vous annoncions le recensement de la population des camps de Tindouf à la demande de plusieurs représentants américains. Depuis, la diplomatie algérienne tente de mobiliser tous ses relais à Washington. En plus de l’Algeria Caucus, le bureau de lobbying Foley Hoag a été appelé en renfort pour limiter la casse.

Les interventions annuelles des deux lobbyistes en faveur des positions du voisin de l’Est et du Polisario ont coûté en 2015 420 000 dollars à l’Etat algérien. Le montant a été révélé par l’ambassadeur Madjid Bouguerra dans des déclarations au site d’information Al-Monitor, le média qui avait révélé le projet des représentants américains d’inclure dans le budget 2017 du département d’Etat une disposition réclamant l’enregistrement des habitants de Tindouf. A ce chiffre, il faut ajouter les centaines de milliers de dollars déboursés chaque année en faveur du Centre Robert Kennedy des droits de l’homme, présidé par Kerry Kennedy.


Le lobbying marocain aux Etats-Unis dans le viseur de la diplomatie algérienne

Pour l’instant, la bataille est loin d'être gagnée pour les Algériens. Malgré les différentes opérations de lobbying, les représentants américains n’ont pas encore révisé leur position initiale. Ils s’accrochent au recensement de la population des camps de Tindouf. En revanche, les sénateurs n’ont pas présenté la même requête, ce qui laisse croire à Alger que sa campagne de mobilisation a - en partie - porté ses fruits.

Madjid Bouguerra a par ailleurs accusé le lobbying marocain à Washington d’être à l’origine de l’initiative des représentants américains. Ce dernier semble toutefois largement surestimer l’influence marocaine à la Chambre des représentants des Etats-Unis. Difficile en effet de croire que Rabat a les moyens de persuader 435 élus. En témoigne la lettre signée, en juin dernier, par seulement 16 membres du Congrès (républicains et démocrates) demandant au président Barack Obama de réviser sa politique vis-à-vis du Maroc. Le soutien au royaume avait montré ses limites et ce fut, sans aucun doute, un revers pour le Moroccan American Center for Policy, présidé par l’ancien ambassadeur américain au Maroc, Edouard Gabriel, auteur de l’initiative.

La prochaine rentrée politique des Etats-Unis sera décisive pour les Algériens. L’inclusion dans le budget 2017 par les services de John Kerry d’une disposition réclamant le recensement des habitants de Tindouf serait un coup dur pour la diplomatie algérienne outre-Atlantique.

10/08/2016