Un projet de déclaration sera soumis, dans les trois prochains jours, par les Etats-Unis à l’approbation des membres du Conseil de sécurité au sujet de la crise entre le SG de l’ONU, Ban Ki-moon, et les autorités marocaines.

Le Conseil de sécurité va-t-il enfin se prononcer sur la crise qui oppose le SG de l’ONU et les autorités marocaines depuis le 5 mars dernier?

 

A rappeler qu’aucun avis n’a été jusqu’ici émis par le Conseil de sécurité, après une première réunion officielle tenue jeudi 17 mars, à l’issue de laquelle le président du CS, l’ambassadeur angolais, Ismaël Gaspar Martins, a affirmé laisser aux membres du Conseil le soin de «poursuivre, sur le plan bilatéral, notre engagement afin de veiller à ce que la situation se stabilise en ce qui concerne le mandat de la Minurso».

 

Il en va de même pour la deuxième réunion des membres du CS, lors du déjeuner informel, organisé lundi 21 mars, au siège du même Conseil. Cette posture de non communication ne va pas durer. Les Etats-Unis vont soumettre aux 14 autres membres du Conseil de sécurité un projet de déclaration.

 

 

De quoi sera donc fait le projet de déclaration, dont l’élaboration est assurée par les Etats-Unis, comme d’ailleurs tous les projets de résolution soumis par les Américains à l’approbation des 15 membres du Conseil de sécurité, au nom du groupe des «amis du Sahara» (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine)?

 

 

A toutes fins utiles, il faut bien noter qu’il s’agit simplement d’un projet de déclaration et non d’un projet de résolution qui revêt généralement un caractère contraignant.

 

 

Un distinguo qu’une source diplomatique contactée par Le360 a tenu à faire, soulignant qu’il ne s’agira nullement d’un «projet de résolution». «Il sera question d’un communiqué diplomatique où il n’y aura pas de parti pris en faveur d’une partie au détriment de l’autre», explique notre source.

 

 

«L’objectif de ce projet de déclaration est d’apaiser la tension entre les deux parties, en les exhortant à reprendre langue et dissiper le malentendu né des propos tenus par le SG de l’ONU lors de son voyage le 5 mars à Tindouf», poursuit notre source.

 

Pour rappel, Ban Ki-moon avait utilisé le terme d’«occupation» pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale, provoquant ainsi la colère des autorités marocaines qui, en représailles, ont décidé l’annulation de la contribution financière volontaire consentie au profit de la mission de l’ONU au Sahara (30 millions de dirhams) et «la réduction de manière significative de la composante civile et politique de la Minurso».

 

Une mesure de rétorsion mise en œuvre par les autorités marocaines les samedi et dimanche (19 et 20 mars), et à laquelle il faut ajouter l’expulsion de trois casques bleus et la fermeture du bureau de liaison de la Minurso à Dakhla.

 

 

Revenant à la question du projet de déclaration en cours de préparation par les Etats-Unis, il faut préciser que ce projet, même s’il n’a aucun caractère contraignant, n’en restera pas moins important d’autant plus qu’il intervient à la veille de la présentation par le SG de l’ONU et son Envoyé personnel Christopher Ross de leurs rapports sur le Sahara, avant la réunion, fin avril, du Conseil de sécurité pour adopter une nouvelle résolution. «Ce projet de déclaration constituera un avant-projet du prochain texte de résolution à adopter par le Conseil de sécurité», indique notre source.

 

 

Du côté américain, assurent des sources diplomatiques à Le360, «il ne faut pas s’attendre à un changement de position». «Les Américains veulent maintenir le statu quo sur la question», affirment-elles.

 

23/03/2016