Dépassé par une diplomatie marocaine proactive et agressive, les membres du Polisario se voient contraints de jouer aux pompiers. De visite en visite, leur chef essaie de limiter les dégâts.

 

Le chef du Polisario ne sait plus à quel saint se vouer. Dépassé par l’efficience de la diplomatie marocaine et les multiples actions diplomatiques royales, le chef des séparatistes tente, vainement, de suivre le rythme. C’est ainsi, relève le journal Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 29 mai, que Brahim Ghali a envoyé des délégations dans certains pays d’Afrique de même qu'il s'est déplacé récemment, en personne, au Mozambique et à Cuba, où il se trouve actuellement.

 

En effet, affirme le journal, le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, se trouve, depuis jeudi, à La Havane pour y rencontrer le président Raul Castro. Une visite qui intervient suite au rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et le Maroc, après 37 ans de rupture. Cette visite de trois jours a été l'occasion d'entretiens officiels avec le président Castro, indique un bref communiqué du gouvernement cubain.

 

Le mois dernier, rappelle le journal, Rabat et La Havane avaient annoncé le rétablissement de leurs relations diplomatiques. Les liens entre les deux pays avaient, en effet, été rompus en 1980, suite à la reconnaissance formelle, par Fidel Castro, de la pseudo-RASD autoproclamée en 1976 par le Front Polisario, précise le quotidien. Et d'ajouter que la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays constitue le couronnement de la politique marocaine de conquête des fiefs du Polisario, aussi bien en Afrique qu’en Amérique Latine. Une politique qui a d'ailleurs, affirme le journal, chamboulé les calculs des séparatistes et de leurs mentors.

 

La visite du chef des séparatistes en Amérique Centrale est donc loin d'être anodine, les représentants des pays de la région, réunis à Bogota, ayant de plus salué, récemment, la mise en place de la régionalisation avancée au Maroc et, surtout, la retour du Royaume dans l’Union africaine. Quelques jours plus tard, le gouvernement péruvien applaudissait la position du Maroc face à la répression des protestations sociales au Venezuela, avant de saluer la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara, résolution appelant les pays de la région à coopérer pour une résolution définitive de ce conflit.

 

Il va sans dire que la conquête, par le Maroc, des fiefs du Polisario en Afrique et en Amérique Centrale et Latine, inquiète à plus d’un titre le front séparatiste qui, poussé par l’Algérie, n’a pas manqué de brandir la menace d'une reprise du conflit armé au Sahara. Un discours belliciste qui apparaît en filigrane dans les récents propos et déclarations du chef du Polisario.    

Par ailleurs, affirme le journal, les seuls pays qui restent encore «en bons termes» avec le Polisario et avec lesquels ce dernier tient à garder des relations privilégiées se trouvent presque tous en Afrique australe. Ils sont rassemblés dans un groupement régional, la SADC (Communauté pour le développement de l’Afrique australe), qui se trouve sous l’influence de Pretoria.

28/05/2017