Fall Baba raconte son calvaire dans les camps de Tindouf : Témoignage accablant pour le Polisario d’un haut commis de l’Etat mauritanien

Mohamed Baba Fall Ould Maddou, plus connu, dans son pays, sous le nom de Fall Baba est l’un des premiers et rares cadres mauritaniens formés avant l’indépendance de leur pays. 

 

A ce titre, il avait occupé plusieurs hautes responsabilités. Il fut l’un des premiers directeurs généraux de la radio nationale, consul général de son pays, puis préfet de la ville minière de Zouerate avant d’occuper le poste de directeur financier de la plus grande société du pays, la SNIM (Société nationale industrielle et minière).

 

A ce titre, il était en mission à Zouerate, dans la soirée du 1er mai 1977, lorsque des milices du Polisario avaient attaqué cette cité et pris plus de 500 otages, tous des civils dont des Français.

 

Il a été donc pris comme otage et les kidnappeurs le considéreront comme prisonnier 30 ans plus tard, lorsque l’ancien président mauritanien, le colonel Mohamed Khouna Ould Haidala (originaire des environs de Boujdour) auquel les Mauritaniens reprochaient son parti-pris pour le Polisario, a publié ses mémoires. En les lisant Fall Baba qui était compagnon de Haidalla dans un lycée de Saint Louis du Sénégal, a trouvé que son condisciple avait écrit des contrevérités qu’il a voulu rétablir.

 

A ce titre, il a été l’invité d’une émission de la télévision nationale de son pays en sa qualité d’ancien prisonnier du Polisario, pendant plus de 39 mois. Il y a parlé de son calvaire, de ses souffrances, du traitement inhumain que lui infligeaient ses bourreaux, lui et ses compagnons d’infortune restés dans les camps du Polisario.

 

Car, a-t-il raconté, beaucoup de Mauritaniens séquestrés avaient été emprisonnés dans des geôles algériennes et leur sort était entre les mains de l’armée algérienne. De ceux-là, a-t-il dit, il ne pouvait rien dire car depuis que leurs geôliers algériens les avaient embarqués, il n’avait plus reçu de nouvelles les concernant.

 

S’agissant du sort réservé aux séquestrés mauritaniens restés à Tindouf, Fall Baba qui a laissé couler une larme, en a fait une description que jamais un rescapé de Dachau ou de Mauthausen n’a faite de son séjour dans les camps nazis.Enfouis dans des trous, été comme hiver, ils étaient battus, à longueur de journée, pour un oui ou pour un non. 

 

Le seul répit qu’ils pouvaient espérer, était le moment de sommeil des tortionnaires. Mais autant ils espéraient ces moments, autant ils les redoutaient, car c’était le moment où les poux et autres insectes nuisibles entraient en action. 

 

La solitude a mené plusieurs d’entre eux à la démence totale, provoquant la colère de leurs geôliers qui n’hésitaient pas à les liquider de sang froid et en y prenant un grand plaisir. Cette jouissance de tuer se reflétait sur leurs visages et on voyait leurs corps secoués d’un spasme de plaisir, a-t-il déclaré devant les caméras de la télévision mauritanienne.

 

Evoquant l’accord de cessez-le-feu entre son pays et le Polisario, Fall Baba a dit ne pas comprendre que les autorités algériennes, affirment ne rien avoir avec le conflit du Sahara alors que ce sont des officiels algériens, dont Taieb Ibrahimi, qui ont négocié et paraphé l’accord de cessez-le-feu avec les émissaires mauritaniens.

 

Plus tard, a-t-il poursuivi, lorsque Ould Haidala avait pris le pouvoir, il avait demandé la libération de certains prisonniers dont le préfet d’Aoussred. Le président Boumedienne lui avait répondu : «Je vais les libérer pour toi » et il les a libérés. Ce qui montre que les prétentions algériennes de ne pas être concernées par l’affaire du Sahara est mensongère.

 

De plus, la survie du Polisario dépend entièrement d’Alger. A preuve, une donation de 300 millions de dollars pour l’acquisition d’armes vient de lui être accordée par l’Algérie. Des sources bien informées ont, en effet, confirmé que le général Taoufik Médiène, patron des services de renseignements militaires algériens, a donné ses instructions au premier ministre Abdelmalek Sellal, pour effectuer un virement de ce montant sur les comptes bancaires du Polisario.

 

Ces révélations ont aussitôt été dénoncées par les pontes du Polisario qui ont estimé que le témoignage de Mohamed Baba Fall Ould Maddou portait atteinte à l’image de défenseurs des droits de l’Homme que les séparatistes veulent donner d’eux-mêmes. Ils ont également rappelé à la Mauritanie que ces révélations faites sur les antennes de la télévision nationale, constituent un manquement à la neutralité que ce pays déclare observer. 

 

Ahmadou El-Katab

 

15/07/2013