La famille adoptive de Mahjouba craint pour la vie de la jeune séquestrée depuis l'été dernier dans les camps de Tindouf

Madrid - La famille adoptive de Mahjouba Mohamed Hamdidaf, séquestrée par le "polisario" depuis l'été dernier dans les camps de Tindouf, craint pour la vie de la jeune qui reçoit des menaces de mort en cas de tentative de fuite, alors que des voix s'élèvent en Espagne et ailleurs pour sa libération.

"Mahjouba est retenue contre sa volonté. Chaque fois qu'elle a pu nous contacter, elle nous a demandé de la faire sortir des camps de Tindouf pour qu'elle soit libre. Nous craignons pour sa vie", a déclaré, Batiste Llopis, père adoptif de Mahjouba, qui avait été l'invité d'une émission de la chaîne publique espagnole (TVE).

"Ses parents biologiques nous ont demandé de prendre soin de Mahjouba depuis qu'elle avait l'âge de 8 ans et c'est ce que nous avons fait. La jeune a obtenu la nationalité espagnole en 2012. Maintenant elle est désespérée, elle veut sortir des camps", a encore relaté Batiste, très ému, dénonçant l'attitude des dirigeants du +polisario+ qui retiennent contre leur gré plusieurs jeunes filles sahraouies dans les camps de Tindouf.

Batiste a indiqué qu'il va poursuivre sa lutte jusqu'au bout pour faire sortir Mahjouba des camps où il n'existe pas les conditions d'une vie digne. "Je veux que Mahjouba soit libre pour vivre où elle veut. Le plus important c'est sa liberté", a-t-il révélé.

Pour sa part, la soeur adoptive de Mahjouba, Veronica, a souligné que la jeune sahraouie a lancé des appels à tout le monde pour la faire sortir des camps de Tindouf, mettant en garde contre les conditions de sa séquestration.

"Mahjouba veut revenir en Espagne, mais elle est surveillée 24/24 heures. Elle réclame sa liberté", a-t-elle dit, appelant les autorités espagnoles, la communauté internationale et les ONG à exercer des pressions sur le +polisario+ pour obtenir la libération de la jeune Mahjouba.

Mahjouba Mohamed Hamdidaf (23 ans), qui travaille depuis quelques mois pour le compte de "Marie Curie Fondation Care" à Londres, et qui comptait poursuivre ses études supérieures dans la capitale britannique, s'était rendue l'été dernier à Tindouf pour visiter ses parents biologiques. Elle s'est vue ensuite retirer son passeport et son argent pour empêcher son retour en Europe, qui était prévu le 18 août dernier.

L'affaire, qui a été prise en charge par le ministère espagnol des Affaires étrangères et de la coopération qui a entrepris les démarches nécessaires pour trouver une solution à la situation de la jeune étudiante, a été soumise également au Rapporteur spécial de l'ONU pour la violence contre les femmes.

De même, l'organisation HRW a appelé dans son dernier rapport, présenté à Alger, à permettre à la jeune Mahjouba d'exercer son liberté de mouvement, sans restriction aucune.

20/10/2014