Le commerce intra- maghrébin ne dépasse pas 1,7 % du commerce international de la région avec le reste du monde. Le Maghreb est la région du monde qui connaît la plus faible intégration. C’est ce qu’a affirmé une étude réalisée par la Banque Mondiale présenté à l’occasion du 3e forum des entrepreneurs maghrébins. Le coût de cette non intégration ou du non Maghreb est estimé selon une lettre de la directrice générale du FMI Christine Lagarde envoyée aux participants au Forum, et selon l’étude de la Banque Mondiale, à 9 milliards de dollars chaque année. C’est une perte de 2 % de croissance du PIB des cinq pays du Maghreb. Le coût du non Maghreb ne se limite à la perte de points de croissance, mais également d’une perte de dizaines de milliers de postes d’emplois pour une population active qui ne cesse de croître et une relation moins bénéfique pour tous les pays du Maghreb avec les blocs constitués et intégrés, dont l’UE.

Ces simulations sont au centre des débats ouverts à l’occasion de ce troisième Forum des entrepreneurs maghrébins organisé par la CGEM à Marrakech les 17 et 18 février 2014.

La tenue de ce Forum, qui coïncide avec le 25e anniversaire de l’UMA, représente un événement à haute teneur politique, même s’il s’agit d’économie avant tout. Les entrepreneurs maghrébins ont choisi, d’un commun accord, d’envoyer un message aux politiques : laisser le commerce et l’investissement circuler librement, la politique suivra. Une approche qui s’inspire de l’ASEAN, groupement régional qui est en train de réussir grâce à l’action des entreprises et non des Etats.

Le chef du gouvernement Abdalilah Benkirane, qui a fait le déplacement à Marrakech pour présider l’ouverture de cet événement à haute teneur symbolique, a tenu un discours optimiste. Pour lui, le Maghreb existe et existera à l’avenir parce qu’il s’agit d’un même peuple avec plusieurs Etats. Les obstacles politiques actuels sont surmontables et il a lancé, à cette occasion, un appel aux entrepreneurs de construire des ponts de confiance et de communication pour sauvegarder l’avenir et pour que le Maghreb soit une perspective de construction de cette avenir. Il leur a demandé d’utiliser leur faculté de visionnaires et leur capacité d’anticiper et de démontrer qu’ils sont réalistes dans leurs choix.

A l’ouverture du forum, p la présidente de la CGEM Mme Bensaleh Chaqroun a fait un plaidoyer pour la complémentarité économique et l’ouverture politique au Maghreb. Pour la présidente de la CGEM et de l’association des employeurs maghrébins, les opérateurs économiques maghrébins, qui parlent le même langage, sont conscients que le non Maghreb a un coût exorbitant. Une perte en termes d’échanges, croissance et de postes d’emploi. Elle a appelé à ce que l’UMA, grippé après un départ prometteur, soit relancé par l’économie et le partenariat..

18/02/2014