Selon des sources bien informées à Tindouf, les propos du président François Hollande sur le Sahara occidental et le plan marocain d’autonomie qu’il a qualifié d’ « intéressant », ont fortement irrité Alger et davantage le chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz. D’après les mêmes sources, la déclaration faite par le chef de l’Etat français a été reçue avec d’autant plus d’amertume qu’elle intervient à quelques semaines de sa visite en Algérie, la première en tant que président de la république. Dans le dossier du Sahara occidental, « la position de la France ne change pas », a tranché le président français dans une déclaration à l’hebdomadaire parisien Jeune Afrique. Des propos décevants pour Alger qui espérait que le socialiste François Hollande brise, ou du moins temporise, le soutien inchangé de Paris à la proposition marocaine d’autonomie. Pour le chef d’Etat français, la position de son pays pour le règlement du conflit du Sahara occidental se fonde sur « une résolution de l’ONU et le projet d’autonomie ». Un projet qui est certainement « intéressant », a-t-il insisté tout en regrattant qu’il « n’avance pas ».

Cette déclaration a été accueillie par le Polisario et l’Algérie comme une véritable déconvenue diplomatique, d’autant plus que, parallèlement à New York, la quatrième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU adoptait un projet de résolution qui n’est pas plus avantageux. Le projet soutient en effet la poursuite du processus de négociations lancé par le Conseil de sécurité en 2007. Cette date correspond à la présentation par le Maroc de sa proposition d’autonomie pour le règlement du différend régional sur le Sahara occidental. Une proposition qui a relancé les négociations après des années d’impasse. Depuis lors, le plan d’autonomie n’a pas cessé d’être considéré par les principales capitales occidentales et la communauté internationale comme base sérieuse et crédible pour des négociations devant aboutir à un règlement du conflit du Sahara occidental.

22/10/2012