Madrid, 15 janv. 2013 (MAP) - Le climat de frustration et de désespoir qui prévaut dans les camps de Tindouf (Sud-ouest de l'Algérie) pousse des centaines de sahraouis à fuir et à regagner le Maroc, affirme un analyste politique espagnol.

Dans un article publié lundi sur le site d'information "Globedia", Chema Gil, qui est également écrivain et journaliste, écrit que "La décomposition sociale et la frustration créées par les dirigeants du Polisario dans les camps de Tindouf, où ils imposent un contrôle manu militari, provoquent la fuite de dirigeants du mouvement et une grande dissidence" en son sein, citant le cas du représentant du Polisario en Suède, Alyen Habib El Kentaoui. 

 

"Des centaines de sahraouis ont réussi ces dernières années à fuir les camps de Tindouf pour revenir au Maroc", rappelle Chema Gil, qui fait observer que devant cette situation de "fuite massive de sahraouis, les milices du Polisario ont reçu des ordres pour renforcer la vigilance et avorter toute tentative de fuite des camps vers les provinces du Sud du Maroc". 

 

Selon Chema Gil, , "les services de renseignement, les policiers et les militaires algériens collaborent avec les milices du Polisario" dans les tâches de surveillance des camps pour éviter la fuite de davantage de sahraouis vers le Maroc. Il note que plusieurs responsables du Polisario sont prêts à quitter le mouvement. 

 

"Le Polisario est en décomposition et l'exacerbation de la frustration dans les camps préoccupe de plus en plus l'Algérie, qui se trouve confrontée à un problème sérieux à l'intérieur de ses frontières", souligne le journaliste espagnol, qui cite une source bien informée à l'intérieur des camps de Tindouf. 

 

"Personne ne peut nier les liens du Polisario avec les actes de terrorisme et de crime organisé dans la région du Sahel. La preuve la plus évidente est l'enlèvement de coopérants étrangers à Rabbouni", ajoute cette source, qui n'a pas caché, selon l'analyste espagnol, son souhait de quitter les camps pour regagner le Maroc. 

 

"La guerre au Mali va apporter de nouvelles preuves sur les liens entre des éléments du Polisario et le terrorisme et le crime organisé", précise la même source. 

 

Dans son article, l'analyste et écrivain espagnol met également à nu la face cachée du Polisario et "ses pratiques inhumaines dans les camps de Tindouf, avec la complicité de l'Algérie". 

 

"Dans les camps de Tindouf, les manifestations des populations sont interdites, plusieurs cas de disparition forcée, d'assassinat et de torture ont été signalés et les responsables (de ces actes) sont poursuivis par l'Audience nationale espagnole (plus haute instance judiciaire en Espagne)", fait observer Chema Gil. 

 

"On ne peut accepter, sous aucun prétexte, la création dans la région d'un Etat défaillant qui serait facilement infiltré par le terrorisme international et le crime organisé transnational et qui mettrait en danger la sécurité non seulement du Maghreb, mais aussi de l'Afrique du Nord et de l'Europe", conclut le journaliste espagnol, pour qui l'unique solution raisonnable pour la question du Sahara demeure la proposition d'autonomie présentée par le Maroc.(MAP) OL---BI NJ

 

23/01/2013