La Chambre criminelle près la Cour d'appel à Salé a poursuivi, ce mardi 16 mai, l'audition des témoins figurant dans la liste présentée par le parquet et celle d'un témoin figurant dans la liste présentée par la défense des accusés.

Cet exercice a été marqué par l'agitation dont ont fait preuve les accusés, qui ont brandi des slogans récusant la qualité d'agir de la partie civile, au moment où la défense de cette partie civile a pris la parole pour adresser ses questions à l'un des témoins, a déclaré à la presse Moulay Hassan Daki, Procureur du Roi près la Cour d'appel [voir notre vidéo ci-dessous].

"Eu égard à l'impossibilité de continuer l'audience, et ce en raison du trouble causé par les accusés et de l'atteinte portée à l'organisation du procès, la Cour a décidé de suspendre l'audience", a ajouté le magistrat dans sa déclaration à la presse, survenue cet après-midi dans les locaux de la Cour.

Cité à comparaître après la poursuite de l'audience, un autre témoin n'a pas été en mesure de s'exprimer, la faute encore une fois au tumulte causé par les accusés. Suite à quoi est survenue la demande formulée par les accusés et tendant à s'entretenir avec leurs avocats, sous peine de se retirer du procès.

Une requête à laquelle la Cour a répondu favorablement, même si rien dans la loi n'octroie aux accusés le droit de s'entretenir avec leur défense en pleine audience. 

Preuve si besoin de la souplesse qui caractérise ce procès depuis son entame en décembre 2016.

Sauf que les accusés ne l'entendaient pas de cette oreille. Car juste après leur entretien, "ils ont annoncé leur retrait définitif du dossier tout en refusant d'assister  au procès", a ainsi déclaré Hassan Daki, faisant remarquer que depuis le début des auditions, "les menaces de retrait ont été brandies par les accusés à chaque fois que des témoins reconnaissaient l'un d'eux ou l'identifiaient  par son nom".

Des incidents récurrents, synonymes d'une "défiance criante à l'égard de l'autorité du juge en tant que président de l'audience", déplore le Procureur, qui a toutefois rassuré sur la poursuite du procès malgré l'absence des accusés

L'évolution du procès, comme les péripéties de cette journée, montrent bien la volonté des accusés, bien orchestrée et coordonnée, de saboter le procès par cette dernière manoeuvre à but médiatique. Le tribunal avait depuis le début fait preuve de souplesse et de sang-froid et avait scrupuleusement respecté la loi, alors que les accusés et leur défense essayaient de le pousser à la faute. Les déclarations des témoins qui ont formellement reconnu les accusés ont été un tournant qui a montré à ces derniers que l'issue du procès était inéluctable.

17/05/2017