José Ma Gil Garre

Rabat - Le procès des accusés dans l'affaire liée au démantèlement du camp Gdim Izik, "loin d'être politique comme tentent de faire croire certains, trouve son fondement dans une série de preuves bien établies", a estimé vendredi à Rabat l'expert espagnol José Ma Gil Garre.

"C'est une affaire en rapport avec des crimes graves, dont ont été victimes des membres des forces de l'ordre, et des actes de vandalisme qui ont visé plusieurs établissements publics", a expliqué M. Ma Gil Garre, directeur du Centre d'études sur les affaires sécuritaires en Espagne. 

Pour ce juriste, le procès se déroule dans des conditions normales et toutes les garanties d'équité sont réunies. "Ce qui retient mon attention, c'est bien le climat de liberté qui marque le déroulement du procès", a-t-il dit, estimant que "cela n'est pas imaginable même en Espagne". 

Il a d'autre part déploré le manque de solidarité avec les familles des victimes, contrairement aux accusés qui "suscitent davantage d'intérêt". 

Prié de commenter la présence en force d'observateurs espagnols pour le suivi du procès, Jose Miguel Gari, auteur d'un ouvrage sur le polisario, a imputé ce constat à la propagande des séparatistes pour véhiculer leurs thèses "dont la crédibilité est de plus en plus compromise ". 

Ce procès, qui s'est ouvert vendredi dernier devant le tribunal militaire de Rabat, se déroule sous l'observation de plusieurs associations des droits de l'homme, ONG et organisations indépendantes nationales et internationales. 

Vingt-quatre personnes sont poursuivies dans ce procès qui a repris, ce vendredi matin, en présence pour la première fois du conseiller politique de l'ambassade des Etats-Unis à Rabat et de deux membres du groupe socialiste au parlement européen. 

Les prévenus sont poursuivis pour "constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres".

 

09/02/2013