Le refus des accusés du procès de Gdim Izik de répondre aux questions des avocats de la partie civile est "une échappatoire qui dissimule leur implication" dans les faits qui leur sont reprochés, a affirmé, lundi à Salé, Me Aicha El Kelae, avocate, membre de la défense de la partie civile.

 

Dans une déclaration à la MAP, en marge de la 12ème audience de ce procès examiné devant la Chambre criminelle près de l'annexe de la Cour d'Appel à Salé, Me Elklae a indiqué que le refus persistant des accusés de répondre aux questions des avocats de la partie civile révèle qu'ils ont reçu "une instruction" dans ce sens, rappelant que les quatre premiers accusés interrogés lors de la première audience avaient répondu aux questions de la défense.

 

L’avocate a mis l’accent sur l’obligation des accusés de répondre aux questions de la défense, qui cherche à montrer leur implication ou non dans les faits qui leur sont reprochés, appelant à faire une confrontation des preuves pour aboutir à la vérité.

 

Le fait de garder le silence et le refus de répondre aux questions est un droit garanti par la loi aux accusés, mais il n’est pas dans leur intérêt, a-t-elle dit, notant que le premier droit sacré est celui de la vie.

 

Concernant l’ajournement de l’expertise médicale, l’avocate a indiqué qu'il faisait suite à une requête des trois experts qui souhaitaient un délai supplémentaire de 10 jours pour la remise des résultats, exprimant le souhait de la défense de la partie civile de s’informer des rapports des experts, étant donné que les accusés "avaient prétendu avoir été torturés et maltraités".

 

La Chambre criminelle près de l'annexe de la Cour d'Appel à Salé a poursuivi, lundi, l’interrogatoire des accusés, où plusieurs questions leur ont été adressés par la défense de la partie civile, la défense des accusés et le parquet général. 

 

Les événements de Gdim Izik, survenus en octobre et novembre 2010 avaient fait 11 morts et 70 blessés parmi les forces de l'ordre et quatre parmi les civils, ainsi que d'énormes dégâts matériels au niveau des établissements publics et des biens privés d'autrui.

 

Les accusés sont poursuivis pour constitution de bandes criminelles et violences sur les forces de l’ordre ayant entraîné leur mort avec préméditation, mutilation de cadavres et complicité, conformément aux dispositions des articles 293,294, 297 du code de procédure pénale.

 

Le tribunal militaire de Rabat avait prononcé, le 17 février 2013, des peines allant de 20 ans de prison ferme, à la perpétuité contre les personnes impliquées dans cette affaire.

 

Depuis son renvoi devant la Chambre criminelle près l'annexe de la Cour d'appel à Salé le 26 décembre 2016, le procès est suivi par plusieurs associations de défense des droits de l’homme, des ONG indépendantes nationales et internationales, des familles des victimes et des accusés, ainsi que par plusieurs médias nationaux et étrangers.

 

28/03/2017