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L'association de défense des droits de 45 000 familles expulsées, en 1975, d’Algérie a enregistré une victoire au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Pour la première fois un officiel algérien reconnait la déportation.

Malgré une forte opposition du représentant permanent d’Alger au siège onusien de Genève, l’Association pour la défense des marocains expulsés d’Algérie a pu tenir une réunion au siège du Conseil des droits de l’Homme. Le diplomate « accompagné d’une forte délégation de son ambassade dont des membres des services de renseignements de son pays et du Polisario ont tenté vainement de torpiller la rencontre », nous confie Mohamed Herouachi, le président de l’ADEMA.

 

L’ONG a présenté le dossier, vieux de 40 ans, concernant la déportation massive de plus de 45 000 familles marocaines qui vivaient en Algérie. L’opération avait été décrétée par les autorités du voisin de l’Est en riposte à l’organisation par le royaume de la Marche verte. Depuis l’ADEMA essaie avec ses faibles moyens de mieux faire connaitre la souffrance des déportés qui avaient été forcés de laisser leurs biens et parfois leurs époux, épouses et enfants lorsqu’ils étaient de nationalité algérienne.

 

"L’ambassadeur reconnait la déportation"

 

Au CDH de l’ONU, l’avocat suisse de l’ADEMA a donné la parole au diplomate algérien pour présenter la version de son pays. Ce dernier n’a pas hésité à accuser plus de 300 mille marocains expulsés d’Algérie d’être « tous membres de la cinquième colonne et fidèles au royaume ». Des déclarations que le président de l’ADEMA qualifie de « reconnaissance pour la première fois de la déportation collective et du crime commis par l’Etat algérien » en 1975.

 

La présence de l’ambassadeur et de son équipe à la rencontre n’a pas réellement servi les intérêts du voisin de l’Est. En plus d’avoir échoué à la torpiller, il a fourni de nouveaux arguments à l’association pour plaider davantage sa cause auprès des instances internationales.

 

« La conférence a été une réussite. Nous avons pu vaincre l’ambassadeur algérien. Sa présence est d’ailleurs un signal que le dossier des expulsés marocains commence à gêner le pouvoir à Alger », jubile Mohamed Herouachi

 

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’ADEMA organise un tel événement au siège du CDH de l’ONU. A l’occasion de la 24ième session du Conseil des droits de l’Homme de 2013 une délégation de l’Association s’était rendue à Genève pour présenter au Conseil des droits de l’Homme le dossier.

27/09/2016