Le 5 novembre, depuis Laâyoune, le ministre des Affaires étrangères déclarait que Christopher Ross n’est pas le bienvenu au Sahara. Une semaine plus tard, un membre du gouvernement britannique, en visite à Rabat, aborde la décision de Mezouar avec Mbarka Bouaida. De retour à son pays, il affirme que le Maroc est disposé à autoriser un prochain déplacement de Ross dans la province. Volte-face de Salaheddine Mezouar ?

Le Maroc serait prêt à autoriser Christopher Ross à visiter, de nouveau, le Sahara. C’est du moins ce qu’affirme un membre du gouvernement britannique. Dans une réponse écrite au député Mark Williams (membre du groupe de soutien au Polisario à la Chambre des communes que préside le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn, ndlr), Tobias Elwood le sous-secrétaire d’Etat parlementaire aux Affaires étrangères a précisé avoir eu des garanties de la part de responsables marocains pour qu’ils ne s’opposent pas à un prochain déplacement du médiateur onusien dans la province.
Et d’ajouter que les mêmes assurances ont été adressées aux ambassadeurs accrédités au Maroc des pays du « Club des amis au Sahara occidental », qui réunit la France, la Russie, les Etats-Unis, l’Espagne et la Grande-Bretagne.
Revers pour Mezouar ?
Le 11 novembre, le responsable britannique a en effet effectué une visite de travail à Rabat durant laquelle il a eu des entretiens avec la ministre déléguée aux Affaires étrangères. C’est très certainement au cours de cette réunion qu’Elwood a soulevé cette question avec Mme Mbarka Bouaida, contraignant la Sahraouie à jouer les sapeurs-pompiers.
Le gouvernement de James Cameron semble avoir été surpris par les déclarations de Salaheddine Mezouar du 5 novembre à l’agence EFE, dans lesquelles il avait décrété une interdiction de toute visite de Christopher Ross au Sahara. Le Royaume-Uni, faut-il le rappeler, adopte une position plutôt conciliante vis à vis du Polisario. Mieux encore le mouvement séparatiste y bénéficie d’un large réseau d’appuis au sein de députés conservateurs ou travaillistes.
Et ce sont justement ces élus qui assaillent Tobias Elwood de questions écrites sur le Sahara. Outre celle consacrée à l’envoyé personnel du secrétaire général, un autre élu (Paul Flynn) a évoqué dans sa question les « violations » des droits de l’Homme dans la région. Le sous-secrétaire d’Etat parlementaire aux Affaires étrangères a répondu qu’il a abordé ces « allégations » avec ses interlocuteurs mais sans s’étaler sur le sujet.
Pour rappel, Christopher Ross présentera le 8 décembre prochain au Conseil de sécurité ses observations sur les négociations entre le Maroc et le Polisario.

04/12/2015