Une grave crise secoue la direction du Polisario depuis le lancement, fin 2017 à Tindouf, d'un mouvement opposé nommé "Initiative sahraouie pour le changement", mené par l'Haj Barikallah, ancien "ministre" chargé de l'Amérique latine et pilier de la "diplomatie" du front en Espagne. Eclairage.

Le torchon brûle entre l'actuelle direction du Polisario, présidée par Brahim Ghali, et les meneurs de "l'Initiative sahraouie pour le changement", lancée le 15 novembre 2017 à Tindouf. "Un climat de division règne au sein du front Polisario", certifie à le360 un fin connaisseur des affaires internes au front. "Le front Polisario, explique notre source, voit d'un oeil très inquiet l'avènement de ce mouvement d'opposition, constitué d'anciens "ministres sahraouis", notamment ce meneur nommé Lhaj Barikallah, ex-"ministre chargé de l'Amérique Latine" aux "Affaires étrangères" et pilier de la "diplomatie" du Polisario en Espagne". 

L'entre-déchirement a atteint un seuil très critique et ce n'est surtout pas la réaction "musclée" de Brahim Ghali, homme lige de la sécurité militaire algérienne, qui dira le contraire. Voilà les contours de ce qui s'annonce comme une véritable "purge" à l'encontre des membres de "l'Initiative sahraouie pour le changement": le Polisario a en effet relevé de ses fonctions son représentant à Mallorque, Oulad Moussa, bien que ce dernier ait été reçu officiellement le 4 décembre dernier par le chef du gouvernement des Iles Baléares. Une décision qui a aggravé la tension entre la direction du FP et le meneur de "l'Initiative", Lhaj Barikallah, dont Oulad Moussa, avec Yahdih Bouyahya, ancien diplomate proche du parti "Podemos", est un grand soutien en Ibère.

D'autres membres de "l'Initiative" ont payé les frais des représailles de Brahim Ghali, ancien représentant du Polisario en Espagne, et qui fait l'objet depuis le 2 novembre d'un mandat d'arrêt émis par l'Audience nationale, plus haute juridiction en Espagne, pour répondre de "crimes de guerre" commis du temps où il était "ministre de la défense" (1975-1991).

 

La direction du Polisario a eu recours à tous les moyens pour avorter "l'Intiative sahraouie pour le changement", jugée "à l'antipode des principes et fondamentaux du Polisario du fait qu'elle tend à mettre au grand jour les exactions commises par ses dirigeants dans les camps!", indique notre source.

 

Seulement voilà, la relation du Polisario à l'Espagne, déjà mise à mal par l'éventualité de poursuite judiciaire à l'encontre de Brahim Ghali, risque de se détériorer davantage à la lumière de cette campagne menée par le front contre "l'Initiative sahraouie pour le changement". Elle risque de s'aggraver encore plus, quand on sait que le Polisario continue de séquestrer plusieurs filles naturalisées espagnoles, dont Maloma Morales retenue et "mariée" de force à l'occasion d'un voyage à Tindouf au mois de décembre 2015.

 

"Ces nouvelles donnes fragilisent la direction du Polisario dont la cohésion est mise à mal par les démarches menées par les promoteurs de l'Initiative sahraouie pour le changement", confirme notre source. Les initiateurs de ce mouvement peuvent en effet compter sur le soutien des dirigeants de plusieurs partis politiques espagnols, notamment le "PSOE" et "Podemos", en sus de plusieurs membres du Congrès national espagnol.

06/01/2018