L’affaire Guerguerate sera au menu du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Cette réunion prévue ce lundi intervient seulement trois jours après les entretiens entre le chef du Polisario et le secrétaire général des Nations unies. Le Maroc, quant à lui, ne siège pas au Conseil, largement dominé par l’Algérie et l’Afrique du Sud.

A la demande du Polisario, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) tiendra demain, à Addis-Abeba, une réunion consacrée à Guerguerate. Le Front compte ainsi sur l’instance panafricaine pour appuyer sa fragile position sur l’affaire de la zone tampon, d’autant que la version avancée par Brahim Ghali et la délégation qui l’accompagnait à New York n’a pas convaincu, vendredi soir, le secrétaire général des Nations unies.

Un appui qui lui sera très probablement accordé puisque le Conseil demeure encore sous l’influence directe de l’Algérie et l’Afrique du Sud. Le voisin de l’est le considère comme sa chasse gardée. D’ailleurs le Conseil, chasse gardée du voisin de l'est, est présidé par l’Algérien Ismail Charki, pour un deuxième mandat successif. Lors du dernier sommet de l’UA, Alger avait joué des coudes pour écarter le candidat de la Mauritanie.

Préparer l’échéance d’avril

La réunion de demain à l’ancien siège de l’Union africaine à Addis-Abeba connaîtra la présentation, par l’envoyé de l’Union africaine au Sahara occidental Joaquim Chissano, d’une série d’observations sur la question. Le Mozambicain devrait répéter les mêmes remarques déjà tenues il y a presque deux semaines à Genève, lors de la dernière session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Une adhésion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA aux thèses du Polisario sera important, à quelques semaines seulement de l’échéance d’avril. L’examen de l’affaire Guerguerate par le Conseil est par ailleurs le deuxième du genre. Le 29 août dernier, un émissaire du Polisario avait remis une lettre à Ismail Charki portant sur les derniers développements dans la zone tampon.

Le Maroc ne siège pas encore au Conseil de paix et de sécurité de l’organisation panafricaine. Pis encore, aucun de ses alliés traditionnels sur le continent, tels le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Gabon, ne figure sur la liste des Quinze. Celle-ci est largement dominée par les relais du Polisario.

 

19/03/2017