HRW a fait un parallélisme erroné et occulté les efforts déployés par le Royaume dans le domaine des droits de l'Homme (politologue)

L'organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch (HRW) a procédé, dans son dernier rapport sur la situation dans les camps de Tindouf, à l’établissement d'un parallélisme erroné et a totalement occulté les efforts déployés par le Maroc dans le domaine des droits de l'Homme, a affirmé Mustapha Sehimi, universitaire et politologue.
Commentant dans une déclaration à la MAP le dernier rapport de HRW, M. Sehimi a estimé qu'en se rendant dans les camps de Tindouf, l'ONG "s'octroie un mandat qui l'autoriserait à faire la comparaison entre un Etat souverain comme le Maroc et une entité artificielle portée à bout-de-bras par l'Algérie depuis plus de quarante ans".
Toutefois, a ajouté l'universitaire, "en l'espèce, la manoeuvre paraît bien grossière: faire jouer un effet de levier à des camps de réfugiés -créés et maintenus dans les conditions que l'on sait- et les présenter en creux par rapport à l'état des lieux dans les provinces sahariennes et même plus globalement, dans l'ensemble du Royaume".
Abordant les acquis accumulés par le Royaume en matière des droits humains, M. Sehimi a souligné que si HRW veut donner du crédit à son rapport et à ses prises de position, "elle devrait prendre en compte, en toute objectivité, sinon en toute honnêteté, ce qui a été fait par le Maroc dans la consolidation des avancées de l'Etat de droit et des libertés".
Il a, à cet égard, rappelé les réformes mises en oeuvre dans de nombreux domaines: code de justice militaire, procédure pénale, assistance judiciaire, interdiction de la torture.
S’ajoutent à ces réformes "le travail du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) qui a mis en place des sections régionales dans les provinces sahariennes pour se rapprocher des citoyens et mieux examiner leurs doléances", a-t-il poursuivi.
Autant d'actes qui ont été salués par des observateurs internationaux et des membres d'institutions élues étrangères, a ajouté le politologue pour qui "le dispositif ainsi mis sur pied permet d'assurer la surveillance et le suivi de la situation des droits de l'Homme: Il est accessible et il est de nature à enclencher des procédures de contrôle appropriées". De même, ce dispositif "traduit une politique de gouvernance démocratique appelée à se renforcer en capitalisant les acquis, et exclut totalement l'ingérence de la MINURSO - ou de tout autre organe - dans l'exercice et la préservation des attributs de souveraineté du Maroc".
Evoquant la situation à Tindouf, M. Sehimi a souligné que les camps sont militarisés et encadrés par un appareil répressif. Plus grave encore, ces camps n'offrent aucune perspective d'avenir aux familles qui s'y trouvent depuis quatre décennies.
"C'est une contre-société qui a été édifiée, coupée du monde, du progrès et du développement", a-t-il déploré. "C'est aussi un certain type de 'modèle' économique où la gestion des ressources (aide humanitaire, dons,...) est une arme de domination, de répression, entre les mains de réseaux qui n'ont d'intérêt que leur enrichissement personnel'', a-t-il dit. M. Sehimi a, par ailleurs appelé les ONG à exiger un recensement des populations qui n'a jamais été autorisé par l'Algérie. Et d’ajouter que pour les droits humains, ''c'est du côté des camps de Tindouf qu'il faut aller voir alors qu'aucun recensement n'a encore été fait de réfugiés sans identité, sans papiers et sans statut...".

30/10/2014