Human Rights Watch a adressé dernièrement une correspondance au soi-disant «ministre sahraoui de la Justice», au sujet de la séquestration à Tindouf de trois jeunes Sahraouies naturalisées Espagnoles. L’ONG américaine demande au front séparatiste des explications sur cet acte criminel.

L’affaire de la séquestration aux camps de Tindouf de femmes sahraouies naturalisées espagnoles revient au-devant de la scène. Dans une correspondance adressée au «ministre de la Justice de la "RASD", M’Rabbih El Mami Day, Human Rights Watch s’interroge sur le sort de trois femmes sahraouies empêchées de regagner leur pays d’adoption, l’Espagne, après des vacances passées aux côtés de leurs parents biologiques à Tindouf.

 

Il s’agit, en premier lieu, de la jeune Maalouma Morales de Matos, née en 1993, interdite de rejoindre ses parents adoptifs à Séville depuis le mois de décembre 2015.

 

Le360 avait déjà soulevé le cas de cette jeune victime, dont la séquestration a provoqué un grand émoi chez ses parents adoptifs et dans l’opinion publique espagnole en général.

 

Un autre cas, un peu lointain mais non moins triste, est celui de Najiba Mohamed Belkassem, 25 ans, interdite de regagner sa région adoptive à Huelva en Espagne depuis décembre 2013.

 

Troisième victime de séquestration, Darja M’Barek Salma, née en 1989, elle est à son tour interdite de retour dans sa ville d’adoption à Tenerife, aux Iles Canaries.

 

Inquiétudes de HRW

Dans sa missive au Polisario, l’ONG américaine exprime ouvertement son inquiétude quant à l’interdiction à ces trois jeunes Sahraouies de quitter les camps de Tindouf vers l’Espagne où "elles sont installées de manière légale".

 

 

Un calvaire incommensurable pour ces victimes ainsi que pour leurs familles adoptives. Les parents adoptifs, ainsi que les amis de ces Sahraouies, mènent une campagne médiatique d’envergure en Espagne, notamment sur les réseaux sociaux, demandant la garantie du droit de mouvement des intéressées, en les autorisant à décider librement de leur sort ou bien de s’installer dans les camps. 

 

Human Rights Watch demande aux «autorités» du Polisario de fournir, dans les plus brefs délais (deux semaines au plus tard), des explications au sujet de cette interdiction, mettant les familles biologiques des victimes en garde contre des poursuites judiciaires, tout en mettant les responsables du Polisario devant leurs responsabilités.

 

L’ONG appelle le Polisario à œuvrer pour l’éradication de ce phénomène de la séquestration systématique dans les camps de Tindouf, à travers la sensibilisation des populations sahraouies sur le danger de cet acte criminel. 

15/02/2016