En Espagne, Javier Bardem est à son corps défendant sous les feux de la rampe. Non pas pour le tournage d'un nouveau film ou une plaidoirie aux Nations-Unies en faveur du Polisario mais à cause d’une « violation » des droits des employés de son restaurant, jetés à la rue grâce à une loi trop laxiste. L’artiste a vite réagi. En vue de circonscrire l’onde de choc, il a fait endosser toute la responsabilité à sa soeur.

Javier Bardem, l’acteur espagnol de renommée internationale, traverse une mauvaise passe. Ce grand défenseur des droits de l’Homme et du Polisario est au cœur d’un scandale. Usant d’un ERE (mesure de régulation de l’emploi), l’artiste vient de fermer son restaurant « La Bardemecilia » à Madrid et licencier ses onze employés. Une loi trop permissive qui autorise les patrons à mettre un terme aux contrats de leurs salariés sous prétexte de « manque de bénéfices » en échange de faibles indemnisations.

Le comble dans cette histoire c’est que le même Bardem soutenait, fin octobre 2012, lors de la présentation de la première du dernier James Bond dans lequel il donnait la réplique au britannique Daniel Graig dans la capitale espagnole, une manifestation des travailleurs du Théâtre Espagnol licenciés par la procédure du ERE. L’artiste n’a pas hésité à brandir une carte sur laquelle est écrit « ERE Stop ».

La sœur est bouc-émissaire

Face à la montée de la vague de solidarité avec ses anciens employés, Javier Bardem et ses associés (sa mère Pilar, également actrice de 74 ans, son frère, Carlos, et sa sœur) n’ont pas hésité un instant à faire porter la responsabilité à la sœur (Monica) qui gère le restaurant.  Mardi, ils publiaient un communiqué dans lequel ils se désolidarisent de la décision prise par Monica de façon « unilatérale », assurant que le feu vert des autres membres du tour de table de fermer le restaurant « n’inclut pas notre autorisation pour que la société ait recours à la mesure de régulation de l’Emploi »  (ERE).

Javier, son frère et sa mère rappellent que « La Barmecilia » a accusé « depuis deux années des pertes successives ». Mais « nous refusons de soumettre nos employés » à une ERE. Une mesure « contre laquelle nous avons manifesté publiquement ». Et d’ajouter qu’ils ont donné des instructions pour accorder des indemnisations aux onze travailleurs « supérieurs » à ce que la loi prévoit dans ce cas. L’image de Javier Bardem est sauvée...

28/03/2013