Genève - Les propos hostiles au Maroc tenus par le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, ne peuvent être interprétés en dehors des problèmes intérieurs de l'Algérie, estime l'expert suisse du monde arabe et musulman, Jean-Marc Maillard.

"Ces problèmes prennent de l'ampleur eu égard à la dépendance de l'Algérie aux hydrocarbures, dans une période de croissance mondiale molle marquée par la transformation du marché énergétique", a déclaré M. Maillard à la MAP au lendemain du rappel en consultation par le Maroc de son ambassadeur à Alger. 

 

Le Royaume, a-t-il relevé, a en revanche su diversifier son économie, s'engager dans de grands projets d'infrastructures et de désenclavement de ses régions, dotées désormais de larges prérogatives dans l'optique d'une meilleure contribution au développement économique et social. 

 

Pour M. Maillard, également économiste de renom, le problème du Sahara est né de l'époque coloniale durant laquelle le Maroc n'a pas perdu sa culture ancestrale et unique.

 

"Le Royaume du Maroc n'a pas perdu son âme et il n'y a aucune raison qu'il abandonne ses provinces sahariennes au profit d'agitateurs professionnels", a dit l'expert suisse, affirmant que le monde est déjà suffisamment chahuté qu'il serait absurde d'y apporter une nouvelle source de conflits dont seuls les extrémistes profiteront. 

 

Il a dans ce contexte affirmé que "le monde, tout comme le Maroc, a besoin d'ordre et de paix, ce qui est aussi le souhait de la population de la région". 

 

Le Maroc a décidé de rappeler en consultation, mercredi, son ambassadeur à Alger suite à la multiplication des actes de provocation et d'hostilité de l'Algérie à l'égard du Royaume, notamment s'agissant du différend régional au sujet du Sahara marocain. 

 

Le conflit du Sahara dit ''occidental'' est un différend imposé au Maroc par l'Algérie qui finance et héberge sur son territoire à Tindouf le mouvement séparatiste du ''Polisario''. 

 

Le ''Polisario'' soutenu par le pouvoir algérien revendique la création d'un Etat factice au Maghreb. Cette situation bloque tous les efforts de la communauté internationale pour une intégration économique et sécuritaire régionale.

01/11/2013