Faction du groupe terroriste Ansar Dine au Mali, le 16 mai 2012

En 2012, l’ancien «ministre de la Défense» du Polisario, Lamine Ould El Bouhali avait reconnu dans des déclarations à un quotidien espagnol qu’une dizaine de jeunes sahraouis avaient rejoint les groupes terroristes au Sahel. Cinq ans plus tard, le phénomène a pris des proportions inquiétantes au point qu’un média du Polisario lui consacre un long article. Détails.

Les groupes terroristes au Sahel recrutent à l’intérieur des camps de Tindouf. Une vérité que vient de reconnaître, dans un long article, un média du Polisario. Les services de renseignement marocains avaient alerté, il y a des années, des conséquences des départs des Sahraouis installés dans le désert algérien vers AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et les autres ramifications de Daesh.

L’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait également fait écho à sa manière, dans un rapport de 2014, des mises en garde des responsables du royaume. Néanmoins, aucune mesure n’a été prise sur le terrain pour circonscrire l’ampleur du phénomène. Du pain béni pour les cellules terroristes qui essaiment au Sahel. Elles disposent ainsi de djihadistes ayant une formation dans le maniement des armes, la fabrication des explosifs, de surcroît parfaitement adaptés aux conditions de vie au Sahara. 

Echapper à la misère 

Même si le média a osé traiter ouvertement un sujet délicat pour la direction du Polisario, il s’est gardé de donner une estimation du nombre de Sahraouis ayant rejoint les groupes terroristes. «Les départs se font au vu et au su de toute la population. Ces ralliements sont également motivés par la présence de membres du Polisario à la tête d’entités djihadistes. Preuve en est du cas d’Abou El Oualid Essahraoui qui opère au nord du Mali», nous confie une source au Sahara. 

Après des passages à AQMI et au MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), il est parvenu à créer sa propre enseigne terroriste et a prêté allégeance à Daesh en octobre 2016. Abou El Oualid a même menacé, dans une vidéo, de s’en prendre à la MINURSO et au royaume. 

Rallier les groupes extrémistes est une piste qui s’offre aux jeunes sahraouis issus de familles démunies pour échapper à la misère. D’autres empruntent la voie de la contrebande et du trafic de drogue ou déposent des demandes d’asile en Espagne ou ailleurs. Les plus chanceux qui ont des relais au sein de la direction bénéficient de postes d’emploi dans les services administratifs du Front. 

Les conditions de vie sont tellement précaires que même les médecins lauréats des universités cubaines refusent de retourner dans les camps. Un exode massif qui a contraint l’«ambassadeur» du Polisario à La Havane à demander aux autorités de l’île caribéenne de ne pas remettre les diplômes aux Sahraouis.

 

12/09/2017