L’affaire Mahjouba met le camp de Rabbouni à feu et à sang

L’affaire Mahjouba Mohamed Hamdi Daff a pris une tournure autrement plus dramatique que sa séquestration par le Polisario.
Les membres de sa famille et les militants du « Mouvement des jeunes pour le changement » ont, en effet, organisé un sit-in et planté des tentes devant le siège du Polisario au camp de Rabbouni à Tindouf pour protester contre l’implication de Mohamed Abdelaziz dans la déportation de cette jeune fille vers l’Espagne.
Les manifestants ont scandé des slogans appelant à le déférer devant la justice pour son application dans cette affaire, puisqu’il a lui-même reconnu qu’il était le premier responsable dans cette déportation et qu’il a donné à ses milices l’ordre de la faciliter.
Ce qui n’était pas fait pour plaire à Mohamed Abdelaziz et ses lieutenants qui réagirent en donnant ordre à la gendarmerie et aux préposés de la sixième région militaire de marcher sur les manifestants. Ces deux corps ayant refusé d’obtempérer, les forces spéciales accomplirent cette sale besogne avec une violence jamais égalée et s’attaquèrent aux protestataires qu’ils ont réussi à disperser après de violents accrochages qui ont fait des dizaines de blessés, de part et d’autre. Ces accrochages ont eu lieu dans la soirée de dimanche à lundi, après que ceux du samedi soir n’avaient fait qu’envenimer la situation et encourager les manifestants à persister.
Selon les dernières informations en provenance des camps de Tindouf, plusieurs personnes ont été arrêtées lors de cette intervention musclée.
Nos sources rapportent également que, dans la matinée de dimanche, les manifestants avaient désigné un comité pour dialoguer avec la direction du Polisario. Lequel comité a appelé à l’instauration de la liberté de manifester, à la libération de l’ensemble des personnes arrêtées samedi dernier, au retour de Mahjouba à Tindouf et à l’élucidation des circonstances de son enlèvement.
Il convient de rappeler que Mahjouba Mohamed Hamdi Daff s’était rendue en août dernier dans le camp d’El Ayoune près de Tindouf au chevet de sa grand-mère malade. Elle avait l’intention de repartir vers son pays d’adoption, l’Espagne, une fois sa visite familiale achevée. Mais la direction du Polisario en a décidé autrement. Mahjouba a ainsi été enlevée par les milices du Polisario qui lui ont retiré son passeport espagnol et son téléphone portable, lui interdisant ainsi, tout contact avec sa famille espagnole. Mais le père adoptif de Mahjouba est entré en contact avec les autorités de son pays qui firent pression sur les responsables du Polisario à travers le consul espagnol à Alger. Mahjouba fut alors libérée et conduite à Alger dans l’attente de son transfert vers l’Espagne.

04/11/2014